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Articles avec #uniformes tag

Le bataillon San Patricio dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Le bataillon San Patricio dans la guerre du Mexique

Le bataillon San Patricio ou Saint-Patrick fut une unité combattant pour le Mexique mais composée entièrement de soldats non mexicains, principalement des déserteurs irlandais de l'US Army d'où le nom du bataillon. Considérés comme des traitres par les Américains, ils étaient au contraire considérés comme des héros par les Mexicains (tout est question de point de vue)


Le Mexique, catholique, proposa aux émigrés américains de confession catholique de rejoindre leurs rangs et leur cause. Les émigrés en provenance d'Irlande, catholiques, qui arrivaient aux États-Unis et qui s'engageaient dans l'US army, étaient souvent victimes de mesures discriminatoires voire de traitements vexatoires de la part de leur encadrement protestant. D'ailleurs aux États-Unis en général, les Irlandais, très nombreux, durent faire face à de tels comportements partout.

De son côté, la propagande mexicaine n’hésita pas à parler de tentative de détruire le catholicisme mexicain de la part des États-Unis afin de cimenter dans la défense de leur foi tous les gens de bonne volonté du Mexique ... ou d'ailleurs. Une certaine portion des déserteurs de l'armée américaine avaient effectivement rejoint les Mexicains pour fuir leurs conditions de vie médiocre au sein de l'US Army à cause de leur foi catholique mal perçue dans un pays à majorité protestante. La désertion était d’ailleurs un problème récurrent dans l'armée américaine. On estime à 14%, soit 2800 hommes, le nombre de déserteurs de l'US army durant toute la guerre.

Les déserteurs américains catholiques irlandais mais aussi ceux provenant d'ailleurs furent amalgamés dans un régiment : le régiment de Saint Patrick, en référence à son chef John Riley, irlandais de souche, ancien soldat de l'armée anglaise qui a déserté l'US army en avril 1846 soit un mois avant la guerre (cette petite différence lui sauvera la vie).


Le premier bataillon vit le combat à Monterrey contre les forces du général Taylor. Engagés en tant qu'unité d'artillerie ils formèrent une batterie sous les ordres de Riley et combattirent farouchement. Ils brisèrent, dit-on, deux assauts américains avant que la bataille ne s'achève sur une défaite mexicaine.

La batterie ayant montré de grandes qualités à Monterrey, ils furent versés dans l'infanterie et formèrent un bataillon à pied d'un effectif avoisinant les 800 hommes (effectif variable selon les sources). Le bataillon combattit à Cerro Gordo où l'armée mexicaine habilement tournée par Scott ne résista pas longtemps et s'enfuit, sauf les San Patricio qui connaissaient leur sort en cas de capture. Ils combattirent jusqu’à être tués ou capturés.

Ils étaient considérés comme des déserteurs et des traîtres par les Américains ; le destin attendu par tout homme du bataillon qui tomberait entre les mains des Américains au combat serait la corde.

Deux bataillons furent organisés en 1847 par Santa Anna, ces deux unités regroupaient 100 hommes chacune. L'unité fut transférée dans le secteur de Mexico à Churubusco. Une compagnie fut affectée à la défense d'un pont, renforcée par une batterie de 5 canons. Les Irlandais combattirent jusqu’à ce que les forces américaines les obligent à se replier en arrière vers un couvent. Les troupes mexicaines qui combattaient avec le bataillon San Patricio, à court de munitions, souhaitaient se rendre, mais les Irlandais, conscients de leur sort en cas de capture, abattirent le drapeau blanc ( ou son porteur ) chaque fois qu'il était hissé par leurs camarades mexicains. Complètement submergés par les Américains, les survivants de la compagnie furent capturés après un combat épique.

72 soldats furent envoyés en cour martiale le 23 août 1847 et condamnés à mort à l'exception de deux d'entre eux pour un motif de procédure et l'autre pour son état de santé mentale. La population de Mexico et des politiques locaux tentèrent de négocier pour sauver ces hommes de la mort et Scott réévalua la sentence de mort. Finalement 30 hommes furent effectivement exécutés. Leur chef, John Riley, ayant rejoint le régiment avant la guerre ne pouvait être pendu pour haute trahison ; il fut fouetté et marqué au fer rouge de la "D".

Cet épisode ne fut pas la fin des San Patricio car Mexico continua sa politique d’accueil des déserteurs et leur intégration dans l'armée mexicaine. Deux compagnies supplémentaires furent levées en 1848 et participèrent à des opérations de surveillance ou de lutte contre la guérilla indienne. Ils furent même impliqués lors des troubles qui éclatèrent à Mexico après la capitulation avant d'être dissous et la plupart de ses membres s'établirent au Mexique, ne pouvant revenir aux États-Unis ou dans leur patrie d'origine.

L'uniforme du régiment semble avoir été la tenue donnée aux gardes nationaux : une veste bleu turquin avec des revers de poitrine rouges ou bleus, le col et les manches rouges passepoilés de jaune. Certaines sources indiquent une tenue entièrement bleue avec liserés rouges comme l'artillerie puisqu'il s'agissait de leur première affectation. D'autres encore une tenue grise. Dans un Mexique désorganisé, le bataillon a certainement dû porter différentes tenues plus ou moins réglementaires en fonction de ce qu'il trouvait.

Le pantalon bleu clair était équipé d'une bande rouge sur le côté. Le shako pouvait être le modèle tronconique. Le drapeau de l'unité pourrait être de couleur verte avec une harpe ailée entourée de "shamrock" et la devise "Erin Go Bragh" "Irlande pour toujours" sur une face et un Saint Patrick avec la devise San Patricio sur l'autre ; le drapeau figuré sur la planche est hypothétique.

L’Amérique n'avait pourtant pas fini d'entendre parler des combattants irlandais. L'un des derniers et plus poignants exemples du courage de ces hommes, exilés loin de leur patrie, aura lieu dans un champ près de Fredericksburg, un certain 13 décembre 1862. Deux brigades irlandaises, l'une habillée en bleu et l'autre habillée en gris, se fusillèrent en agitant leurs drapeaux verts frappés de la harpe gaélique.

Au Mexique, encore aujourd'hui, le bataillon des San Patricio est considéré comme une unité de héros commémorée tous les ans au 12 septembre (date des exécutions des prisonniers irlandais) et le jour de la Saint Patrick.

cette oeuvre de Don Troiani montre l'attaque de Churubusco où s'illustrèrent les hommes du bataillon San Patricio (au premier plan), les hommes portent la tenue bleue de la garde nationale avec le pantalon bleu clair à bande rouge

cette oeuvre de Don Troiani montre l'attaque de Churubusco où s'illustrèrent les hommes du bataillon San Patricio (au premier plan), les hommes portent la tenue bleue de la garde nationale avec le pantalon bleu clair à bande rouge

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L'infanterie de ligne mexicaine (2)

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie de ligne mexicaine (2)

La plupart des hommes qui composaient l'infanterie mexicaine étaient d'origine paysanne. Les professions de la classe moyenne, les prêtres, les juristes... étaient exemptées de service. La conscription, qui touchait tous les hommes valides de 18 à 40 ans, impactait essentiellement la population pauvre : les paysans (péon) , les ouvriers... Ces soldats étaient, en outre, méprisés par leurs officiers, issus des classes supérieures, et qui en temps normal côtoyaient ces hommes dans leur plantations, leurs champs, leurs haciendas. La corpulence moyenne de ces hommes était inférieure à celle des Américains et était due au régime mexicain traditionnel à base de maïs plutôt que de viande. Outre le milieu social, défavorisé, il n'était pas rare que les hommes aient des dialectes différents au sein des régiments en fonction de la région ou de la tribu indienne d'où ils venaient, même si les régiments étaient formés dans un district précis depuis la loi sur l'organisation régimentaire de mars 1839.

Cette loi stipulait la provenance pour la formation de chacun des 12 régiments de ligne par l'amalgame d'anciennes unités.

Ainsi par exemple le 4éme régiment avait été formé par les "Activos" la milice de San Luis, le 6éme régiment provenait de Mexico tandis que le 10éme du Yucatan. La solde, quand elle était versée au soldat, lui donnait 20 pesos par mois environ moins le nécessaire pour s'habiller. La paye est différente en fonction du grade bien sûr mais aussi de son corps ou compagnie d'origine, un grenadier touche 26 pesos quand un rifle en perçoit 25 et un simple fusilier 14...

Ci-dessous la liste des régiments, leur nom et leur unité ou lieu de formation d'origine

1er Regt (Morelos) formé par milice de Guadalara

2éme Regt (Hidalgo) formé à Très Villas

3éme Regt (Allende) formé par milice de Querétaro

4éme Regt (guerrero) formé par milice de San Luis Potosi

5éme Regt ( Aldama) formé par milice de Mexico

6éme Regt (Jimenez) formé par force publique de Mexico

7éme Regt (Matamoros) formé par milice de Puebla

8éme Regt (Landero) formé au Yucatan

9éme Regt (Abasolo) formé par milice de Chiapas

10éme Regt (Galeana) formé par milice du Yucatan

11éme Regt (toluca) formé par milice de Mextitlan

12éme Regt (Tlaxcala) formé par milice de Mexico

Si un homme ratait 4 fois l'appel il était considéré comme déserteur ; le taux de désertions était fort à cause des mauvais traitements et des conditions de vie difficiles ou tout simplement parce que la paie ne venait pas. Les punitions variaient en fonction du nombre de fois où le soldat désertait : paye suspendue, prison et engagement forcé de dix ans, 15 ou plus dans des garnisons de plus en plus difficiles. En temps de guerre, déserter avec son arme signifiait la plupart du temps la peine capitale. Les Américains ne furent pas mieux lotis et eurent de nombreux déserteurs, les peines étaient à peu de chose près les mêmes dans les deux camps.

Chaque régiment recevait en outre un uniforme qui lui était propre, bien que la base de la tenue soit la tunique et le pantalon bleu turquin. (voir planche). Le règlement pour la confection et l'ordonnance de ces tenues datait du 10 juillet 1839 modifié en 1840 puis 1842. Bien que le Mexique ne possédât pas de fabriques d'armes il avait tout de même de quoi confectionner des uniformes, mais les aléas de la logistique et les très grandes distances entre les centres de production et le front firent que très rapidement les hommes n'eurent plus que des tenues disparates plus ou moins en accord avec le règlement quand ce n'était pas des haillons. Le manuel d'entraînement fut remplacé en 1835, puis 1843 par un manuel mexicain écrit par un capitaine d'état-major. Enfin en 1844, un lieutenant-colonel adapta le règlement français de Pinette de 1836. Ce règlement ajoutait des formations et manœuvres donnant plus de flexibilité au combattant notamment dans le maniement de la baïonnette au travers de 22 positions basiques. La transmissions des ordres se faisait très souvent par clairon dans l'infanterie en plus des tambours et ce depuis 1825. La sonnerie la plus connue de l'armée mexicaine est "le Deguello" ; il est joué avant la bataille pour avertir l'ennemi qu'aucun quartier ne lui sera fait (tradition héritée des Espagnols qui l'ont eux-mêmes hérité des guerriers Maures).

De manière générale les recrues n'étaient pas très bien formées. Leur armement désuet et leur mauvaise poudre n'arrangeaient rien. Cette poudre utilisée était de mauvaise qualité et les soldats utilisaient des balles avec une charge supérieure à la normale pour contrer la baisse de portée. Au combat cette charge faussait la hausse du tir car les soldats tiraient trop haut à cause du recul supérieur et leurs balles sifflaient au-dessus des têtes de l'ennemi.

L'infanterie était le reflet de l'état déplorable du pays; Ses soldats étaient pauvres et mal équipés mais, Il demeure que, hormis les plus jeunes, ses hommes étaient expérimentés. Le Mexique traversant des phases politiques particulièrement instables et changeant régulièrement de gouvernement, son armée fut impliquée dans de multiples révoltes, soulèvements populaires et même des guerres. Contre le Texas en 1836, tout d'abord, où elle subit une terrible défaite à San Jacinto, puis contre la France en 1838 où elle dut affronter l'armée de Louis Phillippe venu réclamer son dû durant la guerre des "pâtisseries", puis encore une fois l'armée texane dans une guerrilla le long de la frontière où à San Antonio en 1842.

Comme le dira plus tard Ulysse Grant en parlant des soldats mexicains :

"ces hommes ont fait parfois preuve de la plus belle résistance qu'il m'ait été donné de voir chez des soldats "

L'infanterie de ligne mexicaine (2)

Les planches:

Les 11 régiments suivants sont représentés dans le règlement 1840, seul le 11éme régiment a eu un rectificatif en 1842 pour changer sa veste et son pantalon bleu turquin en tunique blanche et pantalon rouge. Le 7éme régiment est le seul à ne pas posséder de revers de poitrine.

Les shakos sont de plusieurs types et ne sont pas propres à un régiment, le modèle le plus courant était le fût tronconique de 7 pouces de haut. Les plaques de shako pouvaient également varier, le plus souvent il s'agissait d'un aigle entouré de lauriers avec le numéro du régiment en-dessous. Le plumet pouvait être un pompon rouge ou vert ou bien un plumet en hauteur plus classique.

Le numéro du régiment était brodé sur le col dans le même sens à droite et a gauche. Les baudriers étaient principalement blancs mais pouvaient être aussi noirs comme ceux de l'infanterie légère. Ces baudriers possédaient ou non une plaque de poitrine sur laquelle la plupart du temps était gravé le numéro du régiment.

Chaque soldat emportait une baïonnette et un petit sabre, une gourde en bois ou en coloquinte, une giberne en cuir noir, blanc ou marron. Le pantalon était blanc en été et bleu le reste de l'année. La tenue blanche était portée dans les zones désertiques et était plus légère. Les capotes pouvaient être grises ou bleues. Les hommes portaient aussi des bonnets de police d'inspiration française, espagnole ou américaine.

Les couleurs pour les ornements étaient : bleu ciel, chamois, cramoisi, rouge profond, blanc et vert. Il ne semble pas que les tambours aient porté une tenue particulière, les compagnies de flanc se distinguaient par le port de lacets supplémentaires sur les manches et parfois des plaques de shako, giberne et ornement de retroussis en forme de grenade ou de cor.

Le Deguello, la sinistre sonnerie mexicaine annonçant à l'ennemi qu'il n y aura pas de prisonniers

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Le régiment des voltigeurs et riflemen à pied dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Le régiment des voltigeurs et riflemen à pied dans la guerre du Mexique

Autorisé en 1847 par le congrès, le régiment des voltigeurs et riflemen fut créé pour renforcer le corps expéditionnaire américain en lui apportant une unité d'infanterie légère régulière.

Le terme voltigeur fait référence aux soldats de Napoléon 1er qui opéraient en ordre dispersé (formation en tirailleur) dans les régiments d'infanterie de ligne et légers. L'influence française était grande en Amérique, de West Point à Mexico ; les exploits de la "grande armée" de Napoléon avaient fait école et les références à cette armée d'élite du début du siècle étaient nombreuses, visibles sur les uniformes mexicains et dans l'enseignement tactique prodigué à West Point.

Le régiment de voltigeurs et riflemen devait donc opérer en tirailleur pour harceler la ligne ennemie tout en protégeant la ligne amie, ses flancs, ou en reconnaissance.

L’effectif du régiment était identique à celui des autres régiments d'infanterie réguliers, soit 10 compagnies de 80 hommes chacune. Les hommes provenaient principalement de 6 états différents, 3 compagnies provenaient du Maryland, 2 de Virginie, 2 autres de Pennsylvanie, 1 du Mississippi, 1 du Kentucky et 1 de Géorgie.
Les différentes compagnies commencèrent à rejoindre les troupes sur le front Nord mexicain afin d'y recevoir le reste de leur équipement et leur armement. Les hommes du régiment devaient être équipés du fusil à percussion à canon rayé Modèle 1841 le "Windsor" ou "jager" Rifle au lieu du traditionnel mousquet 1842 ou 1835, mais ce ne fut pas toujours le cas. Dans les faits, le régiment opéra avec une certaine diversité de fusils et mousquets . Autre particularité, le régiment fut renforcé par une batterie d'artillerie plus précisément une batterie d'obusiers de montagne et de roquettes. Les obusiers étaient des modèles 1835 en bronze de 12 livres au nombre de 6, les roquettes étaient les modèles de William Hale. Utilisées à titre expérimental, elle furent tirées au combat à maintes reprises particulièrement à Vera Cruz lors du siège de 1847.


Arrivé à Puebla, le régiment s'entraîna en vue des futures opérations contre Mexico. Le 7 août 1847 le régiment partit avec le reste de l'armée dans sa marche contre la capitale mexicaine.
Le premier engagement intervint le 19 août à Contreras, où les voltigeurs et leur batterie obtinrent de bons résultats, mais les obusiers souffrirent particulièrement des tirs ennemis. Les roquettes quant à elles furent largement utilisées, plus d'une centaine en un seul engagement. Le lendemain les voltigeurs participèrent à l'attaque américaine sur Churubusco et subirent des pertes légères (8 hommes) mais les artilleurs avaient payé un plus lourd tribut dans leur engagement de la veille contre l'artillerie mexicaine ( 15 pertes ).
Le 7 septembre à Molino del Rey, ce fut au tour des voltigeurs de subir de lourdes pertes, après avoir repoussé les attaques de la cavalerie mexicaine. Sur les 341 hommes engagés, 102 furent tués, blessés ou portés disparus.


Le 13 septembre, devant les murs de la forteresse de Chapultepec, les voltigeurs reçurent le droit de mener l'attaque après la préparation d'artillerie. Les voltigeurs néanmoins restèrent dans leur formation de tirailleurs abattant les défenseurs sur les remparts mais ne montrèrent pas un grand enthousiasme à s'élancer dans une charge à découvert. La position fut capturée de vive force mais les voltigeurs avaient souffert de 52 tués et blessés. La batterie d'artillerie avait également pris part au combat pour des pertes légères. Avec la prise de la ville, les voltigeurs furent assignés aux missions de garnison ou d'escorte de convois.

Le régiment fut dissout le 25 août 1848, l'expérience acquise par le régiment fut mitigée. Les roquettes avaient prouvé leur efficacité contre des formations à cheval mais avaient montré leur cruel manque de précision. Les voltigeurs ne furent pas recrutés pour l'armée régulière en temps de paix, le combat d'infanterie légère ne devait pas appartenir à une unité spécifique hormis les cas particuliers comme les "Berdans sharpshooters" durant la guerre civile. La plupart des régiments d'infanterie de ligne adoptèrent des formations mixtes où chaque soldat devait être capable de combattre comme un tirailleur rendant inutile une unité spécifique de combattants légers, à l'exception des tireurs d'élite.

Néanmoins, le fusil rayé à percussion prouva sa redoutable efficacité tant dans la mise à feu que dans la précision du tir, faisant des voltigeurs qui en étaient équipés, de véritables "sniper", particulièrement utiles en combat urbain.

Pourtant les tactiques linéaires employées durant la guerre de sécession, suicidaires face à des armes rayées, ne disparurent pas, loin de là et furent une des causes des hécatombes des batailles de la guerre civile.

Les hommes du régiment, à la fin de la guerre, reçurent comme promis lors de leur engagement, 100 dollars et 160 acres de terre pour s'installer et peupler les nouvelles zones conquises.

A gauche un soldat d'infanterie en uniforme bleu clair et à droite un voltigeur dans la tenue grise, les voltigeurs ne portèrent jamais ces tenues qui furent perdues en mer

A gauche un soldat d'infanterie en uniforme bleu clair et à droite un voltigeur dans la tenue grise, les voltigeurs ne portèrent jamais ces tenues qui furent perdues en mer

L'uniforme:
Considéré comme une élite, le régiment aurait dû être habillé avec un uniforme particulier. La tenue devait être de même coupe que l'infanterie mais de couleur grise, les uniformes existant encore aujourd'hui montrent une tenue gris clair avec parement jaune clair mais qui étaient peut être blanc à l'origine. Le pantalon gris aussi avait une bande jaune et gris foncé pour le tenue hiver.

La casquette de l'infanterie M1839, bleu foncé, était également prévue, mais le chargement de ces nouvelles tenues n'arriva pas jusqu'au régiment car il fut perdu en mer lors de la traversée. Début janvier 1848, la nouvelle tenue grise n'était toujours pas parvenue aux troupes qui en attendant ont porté l'uniforme de l'infanterie classique. Il est fort possible qu'une tenue bleue particulière ait été donnée au régiment par la suite peut-être un uniforme bleu foncé comme celui des fusiliers montés mais sans lacets jaunes. A ce jour on ignore l'uniforme réel qui fut porté par le régiment vers la fin de la guerre sur le terrain mexicain.

Cet uniforme de voltigeur conservé au Smithonian de Whasington, s'il est bien l'uniforme prévu pour le régiment, il ne fut jamais porté par celui-ci.

Cet uniforme de voltigeur conservé au Smithonian de Whasington, s'il est bien l'uniforme prévu pour le régiment, il ne fut jamais porté par celui-ci.

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L'infanterie de ligne mexicaine en 1846 (1)

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie de ligne mexicaine en 1846 (1)

L'infanterie de ligne de l'armée Mexicaine, au début de l'année 1846, aligne 12 régiments d'infanterie de ligne.

Chaque régiment comprend 2 bataillons de 8 compagnies chacun. Un colonel commande le régiment ; il peut s'appuyer sur un état major comprenant un lieutenant-colonel, un commandant, deux seconds-adjudants, deux lieutenants, deux enseignes sous-lieutenants, deux chirurgiens, deux aumôniers, un tambour-major et un cornet-caporal, deux armuriers et deux caporaux sapeurs avec 16 sapeurs. Il y avait également un second sergent fourrier et un caporal officiant comme forgeron.

Chaque bataillon possédait six compagnies du centre, une compagnie de grenadier et une compagnie de rifle. Chaque compagnie comprenait un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un premier et un second sergent, 9 caporaux et 80 soldats et un tambour. La compagnie de rifle comprenait 4 cornets en plus mais pas de tambours.

Les hommes des compagnies du centre et la compagnie de grenadier étaient armés d'un mousquet Brown Bess indian pattern ou Long Land pattern ( http://history-uniforms.over-blog.com/article-le-mousquet-brown-bess-dans-la-guerre-de-1812-97039609.html )

les rifles étaient armés de la carabine Baker ( voir http://history-uniforms.over-blog.com/article-la-carabine-baker-95884260.htmlhttp:// ) qui avait fait ses preuves 35 ans plus tôt.

Les hommes portaient également un sabre baïonnette copié sur le principe du sabre briquet des soldats français. Les officiers étaient armés uniquement d'un sabre de facture et d'inspiration variable en fonction du goût de son propriétaire. Chaque bataillon emportait un drapeau national tricolore ( vert "l'espoir", blanc "l'unité" et rouge "le sang des héros" ) avec en son centre un aigle mexicain " caracara" tenant dans son bec un serpent ; des devises comprenant le nom du régiment était situées dessous, et au-dessus de l'aigle la devise "republica mexicana".

Le règlement concernant l'uniforme datait de 1839 avec un correctif établi en 1840 puis 1842. La couleur de chaque régiment variait mais à l'exception du 11éme régiment tous les hommes portaient une veste coupée à la mode française "habit veste" avec basque et retroussis, bleu turquin (une variante de bleu foncé ) et un pantalon de la même couleur, les unités avaient un schéma de couleurs particulier comme suit :

1er régiment : veste bleu turquin (bleu gris foncé) revers de poitrine et passepoils jaunes, col, manches et retroussis rouges.

2ème régiment : veste bleu turquin, revers de poitrine, manches, passepoils et retroussis rouge profond, col bleu ciel,

3ème régiment : veste bleu turquin, revers de poitrine, manches et retroussis cramoisis, col et passepoils bleu ciel.

4ème régiment : veste bleu turquin, revers et retroussis rouge profond, col et manche bleu ciel, passepoils blancs

5ème régiment: veste bleu turquin, col et retroussis rouges profonds, manches et passepoils bleu ciel

6ème régiment : veste bleu turquin, revers blanc, col, retroussis et manches cramoisis

7ème régiment : veste bleu turquin, pas de revers mais encoches de boutons brodées en jaune, col et manche verts, retroussis cramoisis

8ème régiment: veste bleu turquin, revers et retroussis bleu ciel, col, manches et passepoils rouge profond

9ème régiment: veste bleu turquin, manches et revers pourpres, col et retroussis chamois

10ème régiment: veste bleu turquin, manche et revers pourpres, col et retroussis rouge profond, passepoils chamois

11ème régiment: veste blanche, revers, col et manches bleu ciel, retroussis et passepoils rouge profond

12ème régiment: : veste bleu turquin, revers, manches et col chamois, retroussis et passepoils rouge profond

Durant l'été les troupes portaient un pantalon de lin blanc, dans les régions les plus chaudes les unités étaient autorisées à combattre en tenue de campagne entièrement blanche mais la plupart du temps les hommes combattaient dans la tenue réglementaire bleu turquin. Les shakos étaient de style et de formes différents, certains cylindriques de forme tronconique , d'autres d'inspiration française ou encore des bonnets de police, des casquettes américaines ou même des képis français. La compagnie de rifle de chaque régiment semble avoir apprécié la casquette d'inspiration américaine comme représenté sur la planche. Pour différencier les compagnies de grenadier et de rifle les légers avaient un plumet vert et des lacets "sardinetta" sur les manches, les grenadiers n'avaient que le lacet sur la manche. Deux lacets par manche signifiaient une troupe d'élite comme les grenadiers de la garde des pouvoirs suprêmes par exemple.

Cette infanterie valeureuse était particulièrement adaptée à son environnement, les hommes d'extraction paysanne savaient comment supporter le climat rude du désert. Mais les officiers issus de l'élite du pays les traitaient mal et élargissaient le fossé social qui existait et que l'on retrouvait dans tout le pays entre grands propriétaires terriens et ouvriers agricoles. La confiance entre cadres et troupes s'en ressentait ; de plus les officiers supérieurs étaient mal formés et trop souvent incapables.

La logistique de l'armée mexicaine était plus que déficiente et les hommes étaient mal payés, mal nourris mal équipés. L'armement de l'infanterie était dépassé, les mousquets et carabine avaient plus de 30 ans d'âge et étaient capricieux. La poudre pour ces armes étant de mauvaise qualité la portée s'en trouvait amoindrie. Pour tenter de contrer cette baisse de qualité, les soldats augmentaient la dose de poudre dans le canon avec des conséquences parfois néfastes pour le tireur mais surtout une mauvaise visée.

Trop de déficiences et de carences intrinsèques à cette armée mexicaine ont dès le début de la guerre fortement hypothéqué ses chances de victoires contre un adversaire qui disposait de bien plus de moyens et de ressources. La vraie arme du soldat mexicain fut son courage et sa résistance pour la défense de son pays ce qui explique les nombreux sacrifices dont l'infanterie mexicaine fera preuve à de nombreuses occasions.

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L'artillerie américaine de la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

L'artillerie américaine de la guerre du Mexique

L'artillerie américaine de la guerre du Mexique comprenait les 1st, 2nd, 3rd et 4th US artillery regiment. Les missions de ces unités avant-guerre étaient la garde des fortifications côtières et à la frontière. Ces unités étaient parfois utilisées en tant qu'infanterie dans les combats et la guerre du Mexique ne dérogea pas à cette règle.

Lors du déclenchement du conflit une compagnie par régiment fut transformée en "light artillery" ou appelée encore "flying artillery" . Ces unités étaient la composante ultra mobile du régiment d'artillerie, chacun des hommes se déplaçant à cheval.

Le 3 mars 1847 une compagnie supplémentaire par régiment fut autorisée à être transformée en artillerie légère. Les unités d'artillerie légère furent les seules composantes armées de canons à être utilisées sur le champ de bataille mexicain, le reste des régiments servit comme infanterie ou comme servant des pièces de siège plus lourdes et moins mobile. Dans l'armée de Scott un bataillon d'artillerie servait comme infanterie légère, ce qu'il fit avec brio et ne reçut que des éloges pour son comportement au feu.

Le matériel de l'artillerie était des canons en bronze de 6 à 12 livres à tube à âme lisse. Le modèle était le M1841 et M1835 à affût simple M1840 qui remplaçaient avantageusement les modèles copiés sur le système Gribeauval utilisé auparavant et qui était beaucoup plus lourd. Chaque batterie possédait de 4 à 8 pièces de 6 livres pour les canons et 12 livres pour les obusiers. Des pièces de 18 et 24 livres comme des mortiers de 10 pouces et des canons mexicains capturés furent également utilisés.

Le régiment de voltigeurs et riflemen fut renforcé par une batterie d'artillerie comprenant des obusiers de montagne M1835 de 12 livres et des roquettes HALE M1847 de 2.25 pouces qui furent utilisées notamment lors du siège de Vera Cruz en 1847.

le canon M1841 était le plus moderne en service dans l'US Army, les obusiers étaient de calibre 12 livres

le canon M1841 était le plus moderne en service dans l'US Army, les obusiers étaient de calibre 12 livres

un canon de 6 livres M1841 utilisé pendant la guerre du Mexique et plus tard la guerre de sécession. l'affut M1840 devint l'affut standart pour les 30 ans a venir

un canon de 6 livres M1841 utilisé pendant la guerre du Mexique et plus tard la guerre de sécession. l'affut M1840 devint l'affut standart pour les 30 ans a venir

L'uniforme des soldats de l'artillerie était identique à celui de l'infanterie en campagne avec quelques différences:

la casquette comportait un bandeau rouge, les lacets et liserés étaient jaunes ou rouges (pour certaines unités de la light artillery au lieu du blanc), le pantalon recevait une bande rouge de 1.5 pouces de large, les chevrons de grade étaient pointés vers le bas et de couleur jaune ou rouge. Les boutons étaient en cuivre jaune. Les sous-officiers portaient la même tenue que ceux de l'infanterie en campagne mais avec le jaune ou le rouge au lieu du blanc pour les lacets, grades ou bandes.

Les officiers en campagne portaient la même tenue que ceux de l'infanterie, une bande blanche de 1.5 pouces de large sur le pantalon bleu clair en hiver et un pantalon blanc en été.

Bien que cela ne soit pas réglementaire, les hommes de l'artillerie aimaient à porter une bande rouge sur leur casquette.

un sergent artilleur de la light artillery et son équipement, il tient dans la main le système de mise à feu à friction

un sergent artilleur de la light artillery et son équipement, il tient dans la main le système de mise à feu à friction

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L'infanterie américaine de la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie américaine en tenue de campagne pendant la guerre du Mexique

L'infanterie américaine en tenue de campagne pendant la guerre du Mexique

Les États-Unis, nation fédérale, avaient pris pour habitude de posséder une armée relativement réduite au regard de la taille du pays et de la population. La méfiance envers une armée professionnelle, susceptible de menacer la souveraineté des états en donnant trop de pouvoir au gouvernement fédéral, était suffisante pour la maintenir à un effectif aussi modeste. Les volontaires et la milice devraient pallier en temps de guerre les déficiences numériques de l'armée de métier. La guerre de 1812 avait pourtant déjà démontré qu'un tel modèle d'organisation militaire risquait de mener le pays droit dans le mur si une menace majeure survenait. Les lois trop restrictives de la milice d'état l'empêchaient d'être une arme offensive efficace.

L'armée régulière américaine comprenait 730 officiers et 7888 hommes en avril 1846, théoriquement du moins, on estime à 6500, le nombre d'hommes réellement sous les armes. A la déclaration de la guerre, le 13 mai 1846, les compagnies d'infanterie furent augmentées jusqu’à 100 soldats, alors que 50 était la norme. Pour attirer les volontaires, la paye passa à 7 dollars mensuel et 160 acres de terres à la fin de leur contrat. Cette mesure attira un grand nombre d'immigrants ; jusqu’à 47 % de l'armée de Taylor était composée d'immigrants (irlandais et allemands principalement).

Le contingent américain qui prit part à la guerre du Mexique comprenait en 1846 8 régiments d'infanterie. Cet effectif fut augmenté à 16 régiments le 11 février 1847

Chaque régiment comportait 10 compagnies dont deux de flancs (grenadier et légers). Il était commandé par un colonel aidé d'un lieutenant-colonel, un major, un adjudant, un sergent-quartier maître, un lieutenant et deux tambours majors constituaient son état-major administratif.

Chaque compagnie était commandée par un capitaine secondé par un lieutenant et comprenait deux seconds-lieutenants, 4 sergents, 4 caporaux, 2 musiciens et 100 soldats. (d'après infantry tactics de W Scott). Depuis la brigade de Scott en 1814, une section de pionniers fut attachée à chaque régiment ; cette section prélevait un homme par compagnie et était commandée par un caporal.

Le médecin chirurgien du régiment était soit du corps médical soit un médecin civil engagé sous contrat.

L'armement du soldat d'infanterie était la plupart du temps un mousquet à canon lisse et à platine à silex. Les modèles existant étaient les Springfield M1816, M1822, M1835 d'un calibre 0.69 à platine à silex, ils furent peu à peu remplacés par le nouveau mousquet M1842 à système à percussion. Certaines unités furent équipées de fusils à canon rayé M1841 comme les voltigeurs.

L'uniforme du soldat dans la grande tenue de parade était constitué d'une tunique bleu sombre dont le col et les manches étaient surlignés de blanc. Cette veste se fermait par une rangée unique de boutons centraux couleur métal, les manches étaient équipées d'un revers droit à deux boutons et lacets blancs. Le pantalon était bleu clair et porté par-dessus les chaussures. Le shako était tronconique doublé d'une ganse de cuir noire à son sommet avec un plumet blanc ; il était orné d'une plaque en forme de cor de chasse avec le numéro du régiment en son centre et surmontée d'un aigle américain couleur or. Une telle tenue ne fut pas portée au combat et les soldats d'infanterie partirent avec la tenue dit "fatigue dress" de couleur entièrement bleu clair et ne possédait aucun ornement à l'exception du col qui avait un lacet double blanc et était surligné de blanc. Les pattes d'épaule étaient bleu clair surlignées de blanc, la tunique se fermait par une rangée simple de 9 boutons centraux. Les baudriers étaient blancs en cuir de buffle et portaient la giberne M1839 et la baïonnette. Une version 1841 de la baïonnette permit, au moyen d'un attache ceinture, de se passer d'un des baudriers. Le baudrier porte giberne avait une plaque ronde en cuivre avec un aigle américain gravé. Une ceinture de cuir blanc était venue se rajouter, elle était doublée d'une écharpe rouge pour les sous-officiers et officiers. Le shako était remplacé par une casquette souple à visière et jugulaire, de couleur bleu foncé. La gourde était en métal ou en bois de couleur bleue, le soldat portait également une musette blanche. Un imperméable ou manteau bleu était porté par temps froid ou pluvieux.

Les sous-officiers avaient les grades suivants : caporal (deux chevrons blancs), sergent (trois chevrons blancs), premier sergent (trois chevrons blancs et un diamant blanc), sergent quartier-maître (trois chevrons blancs reliés entre eux au-dessous par trois bandes blanches), sergent major (trois chevrons blancs reliés au-dessous par trois bandes blanches courbes). Les sous-officiers portaient l'épée droite et l'écharpe rouge cramoisie, la casquette était du modèle des officiers, les caporaux ne portaient que les chevrons blancs. Dans la grande tenue des épaulettes étaient portées à la place des chevrons, le sergent major portait la même tenue qu'un sous-lieutenant et un plumet plus grand, les manches des sous-officiers, comme des officiers, possédaient deux, trois ou quatre lacets en fonction du grade blancs ou argentés.

Les officiers en campagne portaient une tunique bleu sombre qui arrivait au-dessus des genoux avec une rangée centrale de 8 ou 9 boutons couleur argent. Vers la fin 1847 une tunique à deux rangées de boutons fut autorisée pour les officiers. Le baudrier de cuir blanc de 2 pouces de large était pourvu d'une plaque rectangulaire argent M1839 représentant un aigle. Les marques de grades sont perpendiculaires aux pattes d'épaules traditionnelles et permettaient de voir le grade aussi bien devant que derrière. Une écharpe de soie rouge était portée sous la ceinture de cuir blanc à laquelle était attachée l'épée. La casquette M1839 était bleu sombre avec visière droite ou courbe.

La grande tenue, réservée aux défilés, les grades en chevrons n'étaient portés que sur la tenue de campagne ou "fatigue dress"

La grande tenue, réservée aux défilés, les grades en chevrons n'étaient portés que sur la tenue de campagne ou "fatigue dress"

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