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Les volontaires de l'Indiana dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Les volontaires de l'Indiana dans la guerre du Mexique

On estime à environ 5000 le nombre d'hommes de l'Indiana à avoir participé au conflit dans un régiment de volontaires ou de réguliers. Le président Polk demanda en mai 1846 au gouverneur de l'état de l'Indiana de lever trois régiments de volontaires pour une durée de 12 mois. Les régiments devront être formés à New Albany sous la responsabilité de l'adjudant général Reynolds et du colonel Samuel Churchill. Les différentes compagnies levées dans les comtés de l'Indiana seront amalgamées en régiments en juin 1846 pour former les trois premiers régiments de volontaires. Pour l'armée régulière il est à noter que deux compagnies du 16th US infantry furent recrutées en Indiana ainsi que 3 compagnies des riflemen montés et une du 1st US Dragoon.

Les régiments de volontaires de l’Indiana furent les 1st, 2nd, 3rd, 4th et 5th Regiment Indiana Volunteers infantry. Leur organisation, et toutes les obligations attachées à leur engagement étaient définies par l'acte du Congrès du 13 mai 1846.

Le 1er régiment fut recruté à New Albany le 20 juin 1846

Le 2ème régiment fut levé le 19 juin 1846 à New Albany

Le 3ème régiment fut levé le 25 juin 1846 à New Albany

Ces 3 régiments furent levés pour une durée d'un an

Le 4ème régiment fut levé en juin 1847 à New Albany

Le 5ème régiment fut levé en juin 1847 à New Albany

Devant l'enthousiasme des volontaires et la rapidité mise en œuvre pour former les trois premiers régiments, le président Polk accorda une rémunération mensuelle de 10 dollars par volontaire plus 3.5 dollars pour leur habillement.

Il est vrai que cet état avait répondu à l'appel du président en un temps record, "Well done Indiana" comme l'écrivait le 17 juin 1846 le journal " l'Indiana Sentinel " pour féliciter l'état d'Indiana pour avoir rapidement répondu à l'appel aux armes et fourni le nombre suffisant de volontaires.

Les opérations:

Malheureusement (ou heureusement selon le point de vue) les unités de l'Indiana ne furent pas affectées à des zones de combats particulièrement intenses et virent peu ou pas d'actions de combat. Intégrés à l'armée de Taylor les trois premiers régiments prirent part à des niveaux différents à la bataille de Buena Vista. La plupart des pertes des volontaires de l'Indiana furent le fait des maladies plutôt que des combats. Les 4ème et 5ème régiments arrivant bien après les opérations de combat prirent part à l'occupation des zones de Mexico et à la surveillance de points stratégiques jusqu’à la fin des hostilités.

Le 1er régiment : composé de volontaires originaires du sud de l'état, il était commandé par le Lieutenant-Colonel et futur gouverneur d'Indiana, Henry Smith Lane. Les hommes s'engagèrent pour une période de 12 mois. Affecté à la surveillance des postes avancés et des lignes de communication le régiment participa à peu d'actions de combat. Il fut stationné à l'embouchure du Rio Grande puis transféré à Monterrey en décembre 1846 jusqu’à mai 1847. A la fin de leur période d'engagement la plupart des hommes revinrent en Indiana, une partie d'entre eux s'engagèrent dans le cinquième régiment qui se mettait en place.

Le 2ème régiment : commandé par le Colonel William Bowles et affecté dans la région du Rio Grande, le régiment ne prit pas part à la bataille de Buena Vista. Le régiment fut obligé de retraiter conformément aux ordres de son colonel, un acte qui fit passer ce dernier pour un traître et un lâche au yeux de ses compatriotes d'Indiana. Le régiment eut sa part de disgrâce dans cette affaire mais les lettres de soldats discréditaient uniquement leur chef et non les soldat du régiment. L'unité eut des pertes sensibles lors de ce combat. Il passa le reste de ses 12 mois d'engagement à des missions de surveillance.

Le 3ème régiment : commandé par le Colonel J H Lane, il fut mis sur pied en juin 1846. Le régiment vit plusieurs de ses compagnies comme la compagnie H "les Shelby Rifles" ou la compagnie A "The Monroe Guards" combattre à Buena Vista et subir des pertes. Mais contrairement au second régiment, le 3ème Indiana ne devait pas ternir son nom par une retraite malheureuse et gagna honneur et estime auprès de ses concitoyens par sa tenue courageuse au combat et fut récompensé par un drapeau remis peu après en même temps que le deuxième régiment.

Le 4ème régiment : engagé vers la fin de la guerre, le régiment connut les mêmes missions que le cinquième régiment et ne vit que de petits accrochages contre la guérilla mexicaine sans grandes conséquences.

Le 5ème régiment : composé d'anciens vétérans des autres régiments d'Indiana, il fut mis sur pied avec le 4ème en 1847. Commandé par le Lieutenant-Colonel Henry Smith Lane, ancien chef du 1st Indiana, le régiment fut envoyé à Mexico. Parti de Jefferson ville en Indiana en novembre 1847, le régiment arriva dans la capitale mexicaine en décembre et stationna dans la plaine de Molino Del Rey jusqu'en mai 1848. En juin il partit pour Vera Cruz afin d'embarquer pour l'Indiana. Le régiment ne prit pas part à des combats et fut chargé de l'occupation dans la ville de Mexico. Contrairement aux autres régiments, l'unité fut composée d'au moins douze compagnies ce qui était exceptionnel car un régiment ne totalise que 10 compagnies. Après avoir demandé une autorisation spéciale pour utiliser deux compagnies de flanc supplémentaires, le 5ème régiment fut donc porté à 12 compagnies de combat.

L'uniforme:

Le gouvernement devait fournir armement et accoutrement pour tous les régiments de volontaires mais il était stipulé que ces derniers devaient fournir eux-mêmes leur uniforme.

Chaque compagnie par l'intermédiaire de son capitaine s'habilla selon ses propres critères ce qui engendra au sein d'un même régiment des différences notables dans les tenues même si une certaine cohérence était plus ou moins respectée. Ainsi la compagnie E du 3ème régiment fut habillée de bleu clair quand la compagnie G du 1er régiment adopta un élégant uniforme bleu avec des lacets argent sur la poitrine sur trois rangs de boutons et une bande blanche sur le pantalon.

L'ordre général numéro 6 indiquait que chaque homme devait posséder 2 uniformes, 2 paires de chaussures, un couvre-chef en plus de la casquette forage cap classique, 2 chemises en coton et 2 en flanelle, 2 pantalons etc...

Les 5 régiments dans l'ensemble portèrent la tenue entièrement bleu foncé avec des variations dans le pantalon ou la casquette en fonction des aléas de la campagne. Les hommes avaient une veste à deux rangés de boutons métal blanc, le premier régiment conservait sa tenue a trois rangés avec ou sans lacet ? Les sous officiers portaient la même tenue mais avec des pattes d'épaules à l'exception des sous officiers supérieurs et des officiers qui avaient une veste a une rangée de boutons, la ceinture avec écharpe rouge et les lacets couleur argent. les drapeaux étaient portés par un sous officiers supérieur ou un lieutenant.

A la création du cinquième régiment un semblant d'ordre fut imposé et les hommes durent s'habiller comme l'armée régulière, théoriquement...Dans les faits il apparait que la tenue bleu foncé fut conservée tout au long du conflit. Les chefs de ces unités ne voulant pas faire apparaitre les volontaires comme des soldats réguliers.

Sources et Liens

Bauer Karl Jack "the mexican war 1848"

Katcher Philip OSPREY Men at arms 56 " the mexican american war 1846 1848"

Elting John R military uniforms in america, the years of growth 1796 1851"

Field Ron "Brassey history of uniforms mexican-american war 1846-1848"

Sites

les différents régiments de l'indiana

http://www.indiana.edu/~imaghist/online_content/vcsfrmpst/voices_mxcnwr/completelist.html

un récapitulatif des unités par états de l'US army durant la guerre du Mexique:

http://www.dmwv.org/mwvets/units.htm

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Le bataillon Mormon

Publié le par Olivier Millet

Le bataillon Mormon

Cette unité est unique en son genre car son recrutement est basé non pas sur une origine ethnique particulière ou affilié à une localité, mais à une appartenance religieuse, en l’occurrence les membres de l'église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours. Ce fut la seule unité envoyée par l'Iowa. Les Mormons étaient chassés de plusieurs états à cause de leur foi différente par la majorité protestante ou catholique ; le gouverneur du Missouri donna même l'ordre de tuer tous les Mormons vivants sur son état. Cette communauté fuit vers l'ouest après que le temple de leur ville, Nauvoo, fut détruit par la vindicte populaire. Un premier "exode" les conduisit vers l'Iowa aux limites du pays. Le leader de ce groupe Brigham Young encouragea les Mormons à rejoindre le bataillon qui allait être créé afin de rassembler de l'argent pour aider les familles restées en arrière et prouver la loyauté de leur communauté envers les États-Unis.

La création du bataillon

Les membres de cette église, persécutés pour leur foi, recherchèrent l'aide du gouvernement fédéral afin de faciliter leur installation à l'Ouest et Brigham Young avec l'aide d'un officier américain non Mormon, Thomas Kane, obtint une réponse favorable à la condition qu'un bataillon de leur congrégation soit levé pour partir en guerre contre le Mexique. Malgré les persécutions dont ils avaient été l'objet par le passé, les Mormons acceptèrent voyant dans cette acte symbolique la possibilité d'être enfin acceptés dans la nation américaine et levèrent le 16 juillet 1846 un bataillon d'environ 543 hommes qui devint officiellement le 1st Iowa Volunteers regiment. En plus des volontaires, 33 femmes accompagnèrent le bataillon ainsi que 51 enfants. Dans le bataillon certains officiers étaient issus de l'armée et donc n'étaient pas Mormons afin d'améliorer la qualité de l'encadrement.

Le commandant en chef de l'armée de l'ouest, Stephen W Kearny, désigna le capitaine James Allen pour mettre en place 5 compagnies de volontaires recrutés parmi les Mormons aptes au service et âgés de 18 à 45 ans, Allen serait secondé par le leader Mormon du groupe : Brigham Young. Le 16 juillet 1846, 543 hommes répondirent à l'appel. Allen prit le commandement du bataillon avec 3 autres officiers de l'armée régulière. Parti de Little Pony river dans le comté de Bluffs, le bataillon prit la route de Fort Leavenworth le 20 juillet en suivant le cours du Missouri ; deux hommes moururent durant les 180 miles de ce premier périple. Sur place, ils s’équipèrent et reçurent la somme de 42 dollars par homme afin de s'acheter un uniforme. Chaque homme recevait le minimum soit 1 mousquet avec 1 baudrier porte-giberne et sa giberne avec 36 cartouches, une baïonnette et sa ceinture, un nécessaire de nettoyage armement. Les hommes partirent dans leur tenue civile pour la simple raison qu'ils préférèrent donner la somme d'argent allouée pour la fourniture d'un uniforme à leur famille au lieu de s'acheter une tenue militaire.

Une marche épique

Le bataillon quitta tardivement Fort Leavenworth à cause de l'état de santé du chef de bataillon Allen. Le bataillon partit pour Santa Fe, mais, en route, les hommes apprirent la mort de Allen et son remplacement par le lieutenant Andrew Smith, action décidée par un vote au niveau des officiers du bataillon. Durant la marche sur Santa Fe, le bataillon souffrit terriblement de la chaleur du désert, d'un soutien médical et des réserves de nourriture insuffisants. Près de Ingalls, le bataillon traversa le fleuve Arkansas et longea le cours de la rivière Cimarron. Une dizaine d'hommes ainsi que des familles furent renvoyés vers Fort Pueblo en raison de leur état de santé. Finalement le 9 octobre, le bataillon arriva à Santa Fe après un voyage de plus de 1000 miles depuis leur départ du comté de Bluffs. Sur place dans la soirée, les hommes sont salués par une salve d'honneur de la part des troupes américaines déjà présentes et sous le commandement du Colonel Doniphan.


Smith fut remplacé à son poste par le lieutenant colonel Philip st George Cooke. Alarmé par la situation déplorable du bataillon mormon et des conditions très dures qu'il avait dû affronter durant sa marche sur Santa Fe, Cooke autorisa un détachement de 80 malades accompagné des femmes et des enfants à se rendre vers fort Pueblo pour l'hiver 1846 qui arrivait. Ce qui restait du bataillon, soit 397 hommes, quitta Santa Fe le 19 octobre et se dirigea vers la Californie en longeant le Rio grande Del Norte. Le 9, un dernier détachement de 55 malades fut renvoyé sur fort Pueblo. Près de la rivière San Pedro, le convoi fut "attaqué" par des bovins sauvages qui blessèrent deux femmes mais qui fournirent une grande quantité de viande dans ce qui fut appelé "the battle of Bulls". Le bataillon arriva à Tucson sans avoir eu à combattre les forces mexicaines défendant la ville car ces dernières avaient abandonné leur position avant l'arrivée du bataillon.


Le bataillon reprit sa marche, traversa le fleuve Colorado les 9 et 10 janvier et arriva le 29 janvier à la mission de San Diego à environ 5 miles du campement du général Kearny. Le bataillon Mormon avait effectué une marche épique de 1850 miles soit la plus importante marche effectuée par une unité d'infanterie dans l'histoire. Sans avoir combattu contre les Mexicains, le bataillon Mormon s'est distingué par cette marche hors du commun. Il passa le reste de son temps de service à assurer des missions de surveillance dans les garnisons de San Diego, Los Angeles et San Louis Rey. Le 16 juillet le bataillon fut licencié bien que quelques-uns de ses membres se réengagèrent pour 6 mois supplémentaires ; les autres partirent vers le nord, d'autres suivirent Brigham Young et partirent vers l'Utah où ils fondèrent Salt Lake city. L'Utah avait été cédé par le Mexique après la victoire américaine. Cette région désertique est considérée comme la patrie des Mormons et Salt Lake City va très vite prospérer par l'arrivée massive de colons et devenir la capitale du territoire.

Sans aucune influence militaire sur les opérations, le bataillon Mormon permit à cette communauté d'exclus de trouver sa place aux États-Unis grâce au courage et à la détermination d'une centaine de ses membres. La communauté Mormon est très active aujourd'hui aux États-Unis. Elle est la quatrième religion d'obédience chrétienne du pays avec 15 millions de membres, particulièrement à Salt Lake city considéré comme leur capitale.

L'uniforme:

Les hommes du bataillon ayant pour la plupart donné leur argent aux familles restées en arrière, ils ne furent pas habillés avec un uniforme mais gardèrent leur tenue civile. Ils possédaient les baudriers et armements reçus à Fort Leavenworth, certains adoptèrent même la casquette de l'US army. Les officiers de l'US army qui étaient parmi eux eurent un d'uniforme, les autres officiers mormons avaient quelques effets qui les distinguaient des simples soldats comme une veste réglementaire, une casquette et le port de l'épée d'infanterie.

Les hommes portaient la plupart du temps des chemises en lin et coton mieux adaptées à la chaleur du désert que la laine épaisse d'une veste. Les grands chapeaux de paille ou en feutre étaient également mieux adaptés pour protéger des rayons du soleil que la petite casquette M1839 et étaient portés en majorité dans la troupe.

le drapeau du bataillon mormon, une évocation du bataillon Mormon par George Ottinger et le monument dédié au bataillon Mormon dans le parc du Presidio à San Diégole drapeau du bataillon mormon, une évocation du bataillon Mormon par George Ottinger et le monument dédié au bataillon Mormon dans le parc du Presidio à San Diégo
le drapeau du bataillon mormon, une évocation du bataillon Mormon par George Ottinger et le monument dédié au bataillon Mormon dans le parc du Presidio à San Diégo

le drapeau du bataillon mormon, une évocation du bataillon Mormon par George Ottinger et le monument dédié au bataillon Mormon dans le parc du Presidio à San Diégo

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l'uniforme des officiers généraux mexicains

Publié le par Olivier Millet

l'uniforme des officiers généraux mexicains

Les généraux mexicains, représentants de l'élite sociale des riches propriétaires ou des favoris politiques du moment, n'ont pas particulièrement brillé durant la guerre du Mexique. La carrière d'officier supérieur apparaît être un moyen comme un autre de renforcer sa position au sein de l'aristocratie mexicaine naissante ou d'asseoir une réputation au sein des élites du pays. La forte imbrication des militaires au sein du pouvoir politique impliquait un système pervers où l'ascension dans la carrière militaire était complètement dévolue aux affinités politiques. Les grades supérieurs s'obtenant par faveur plus que par le mérite, les généraux mexicains brillaient plus dans leur magnifique tenue de gala en soirée que sur le champ de bataille. Contrairement à l'adage faisant de l'armée mexicaine une armée de généraux, on compte néanmoins 160 généraux pour un effectif de 30000 hommes à la fin des années 1830. Bien que cultivés et possédant le raffinement propre à leur origine sociale, la plupart de ces hommes n'ont aucune notion concrète ou théorique du combat tactique à un niveau équivalent à leur fonction ou subalterne d'ailleurs. La formation dispensée à l’académie militaire de Mexico visant surtout à former les officiers des corps techniques comme le génie ou l'artillerie, il n'existe pas d'apprentissage théorique pour le travail d'état-major et les nombreux témoins étrangers signalèrent l'incompétence manifeste de ces officiers supérieurs dans leur aptitude au commandement. A la décharge du Mexique, il n'existe pas beaucoup de pays qui ont pris la mesure de la nécessité d'une formation théorique aux doctrines stratégiques ou tactiques de leurs officiers. La Prusse fut une des premières à la pointe de ce domaine mais seulement à partir de 1850 avec l'académie militaire de Berlin, dont les résultats se feront lourdement sentir en Europe. L'expérience, pensait-on, primait sur la théorie, et l'aptitude à commander une armée ne pouvait s'obtenir que sur le "tas". L'étude des nombreux stratégistes et autres théoriciens militaires, dont le 19ème siècle fut la période la plus prolifique, n'était pas encore à l'ordre du jour.

Au début de la mise en place de l'armée nationale, la plupart des officiers sont des vétérans de l'armée coloniale mais leur corps fut largement étoffé par la suite par une multitude d'hommes propulsés à ces postes de commandement en raison de leur situation sociale et par l'appui des politiciens. Le résultat fut évidemment désastreux puisque la plupart de ces officiers n'entendaient rien au commandement, à l'organisation militaire et à la manière de mener les hommes au combat. L'absence d'un réel état-major empêcha la coordination efficace des différents fronts ou l'élaboration d'une stratégie cohérente. Pire encore, la jalousie entre officiers ou la répercussion dans l'armée des conflits de la vie politique mexicaine causera son lot de problèmes et ajoutera plus de confusion dans cette armée.

Les différentes rébellions indiennes, mexicaines et texanes changeront un peu cet état de fait et grandiront l'expérience de certains d'entre eux. Mais l'épreuve de la guerre contre une autre nation en 1846 montrera au grand jour les faiblesses inhérentes à un système qui néglige l'éducation de ses élites militaires. L'impréparation crasse de l'armée mexicaine en général et de son état-major en particulier ne laissera que peu de chance face à une armée moderne et résolument agressive comme le fut l'US Army. L'affrontement avec les rebelles texans ou mexicains donna l'occasion de faire sortir du rang les chefs les plus capables, même si le népotisme existait toujours dans la nomination des officiers généraux et supérieurs, la qualité augmenta avec le nombre d'affrontements. Mais qu'importe le courage des officiers mexicains ; peu, hormis les étrangers qui vinrent se mettre au service du Mexique au début, maîtrisaient le combat moderne contre une armée classique. Santa Anna qui était un des rares officiers généraux à posséder une expérience importante ne put réellement s'appuyer sur des généraux compétents et surtout capables d'initiative en particulier face à un ennemi qui manquait aussi d'expérience mais qui compensait sa jeunesse par une attitude particulièrement offensive qui ne laisserait que peu de chance à un ennemi par trop statique incapable de suivre le mouvement..

L'uniforme:

La tenue de "gala" des officiers généraux comportait une longue tunique et un pantalon bleu turquin avec aux revers, sur le col, les manches et les basques rouges.

Les revers de poitrine ainsi que le col étaient brodés avec des galons or représentant des branches d'olivier et de laurier entremêlées. Une épaisseur de broderie pour les généraux de brigade et deux pour les généraux de division. Les boutons étaient gravés de l'aigle mexicain. Une ceinture bleue signifiait un général de division, la verte pour le général de brigade. Les ceintures étaient rehaussées d'or et de broderie avec un rang pour les généraux de brigade et deux rangs de broderies pour les généraux de division. Le chapeau était un bicorne surmonté d'un haut plumet aux couleurs nationales avec une cocarde tricolore et un galonnage or de courtes plumes blanches sur le sommet du chapeau. Les épaulettes sont or et très fournies.

La tenue de service est entièrement bleue, sans broderies à motif. le lourd plumet disparaît et seul le col demeure rouge.

Les officiers d'état-major portaient une tenue rouge à revers de poitrine bleus, une ceinture écharpe rouge et un bicorne sans plumet. Les épaulettes étaient toujours composées de franges dorées mais moins fournies que celles des officiers généraux.

la superbe tenue d'apparat du général Juan Morales, le commandant de la garnison de Vera Cruz en 1847. On notera les broderies élaborées en feuilles de laurier et d'olivier

la superbe tenue d'apparat du général Juan Morales, le commandant de la garnison de Vera Cruz en 1847. On notera les broderies élaborées en feuilles de laurier et d'olivier

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Les unités de "Présidials"

Publié le par Olivier Millet

Les unités de "Présidials"

Les unités de Présidials sont les descendants directs des détachements de la gendarmerie coloniale espagnole. Ces unités avaient pour mission la surveillance des frontières et des avant-postes nommés "presidio". En 1846 il existait 34 compagnies de presidial dans l'armée mexicaine, elles sont considérées comme des unités de milice territoriales d'active.

Parmi elles, 8 étaient stationnées à Coahuila, 3 dans le Nouveau-Mexique, six en Californie. L'effectif total de ces cavaliers atteignait 1200 hommes environ.
Ces cavaliers légers armés de lance étaient mal équipés et entraînés pour assurer de véritables missions de combat, ils ont servi d'éclaireur, et ont combattu principalement en Californie mais aussi au nouveau-Mexique et au Texas.


L'uniforme de ces cavaliers était constitué par une tunique courte bleue avec le col, les manches et les revers rouges. Les pantalons sont réglementairement bleus mais pouvaient également être gris avec une bande latérale rouge. Ils avaient adopté un chapeau noir à large bord avec une bande blanche à la base. Les initiales de la province étaient brodées sur le col et parfois écrites sur le baudrier. Les presidial de Californie portaient un uniforme un peu différent : il consistait en une tunique bleue avec le col et les manches verts, des revers de poitrine rouges et un passepoil blanc sur les manches. Le pantalon est bleu foncé avec une bande latérale rouge. En lieu et place du chapeau à large bord, un shako de cavalerie. La tenue de campagne était une tunique bleue à col et manches rouges, un pantalon large de cavalier avec doublure en cuir à l'entre-jambe et gris avec des boutons sur toute la longueur de la bande latérale. Il était porté par-dessus les bottes. Le shako était remplacé par le chapeau classique des presidials.

L'armement de ces unités était la lance avec fanion rouge ou tricolore, l'épée de cavalerie légère, des carabines, pistolets et autres tromblons. Il ne semble pas que ces détachements aient été d'une grande efficacité au combat, ce qui est dû surtout au fait qu'ils étaient mal entraînés à faire face à une armée aussi mobile et puissante que l'armée américaine. Au côté des cavaliers irréguliers, ils firent front pour tenter d'empêcher la Californie de tomber aux mains des "gringos" sans succès. On peut raisonnablement penser qu'il furent plus efficaces dans le renseignement ou dans les actions de harcèlement.

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La cavalerie mexicaine ( 1 )

Publié le par Olivier Millet

La cavalerie mexicaine ( 1 )

En 1846, l'armée mexicaine comportait 9 régiments de cavalerie de ligne, 6 régiments de milice montée, un régiment de cuirassiers, un régiment de hussards de la garde des pouvoirs suprêmes, une unité de fusiliers montés, le régiment des lanciers de Jalisco, le régiment monté léger de Mexico, les Présidios ou "presidiale" de province.

La cavalerie de ligne mexicaine était considérée comme l'élite de l'armée, les lanciers, cuirassiers et autres hussards portaient de magnifiques tenues d'inspiration napoléonienne.

Chaque régiment comportait 4 escadrons de deux compagnies.

L'état-major du régiment comprenait un colonel, un lieutenant-colonel, deux commandants, quatre adjudants-lieutenants, 4 guidons, un aumônier, un chirurgien, un maréchal-ferrant, un clairon-major et deux caporaux-clairons, deux seconds-sergents, deux caporaux officiant comme tailleur et charpentier, trois cavaliers officiant comme maçon, boulanger et maître bottier.

Chaque compagnie comprenait un capitaine, un lieutenant, deux enseignes, un premier sergent, trois seconds sergents, neuf caporaux, deux trompettes et 52 cavaliers.

Bien que tous les cavaliers aient été armés d'un sabre, une arme était très populaire parmi eux : la lance. Cette dernière, vieille comme la guerre à cheval, était une longue pique en bois terminée à une extrémité par une pointe d'acier et une hampe le plus souvent rouge destinée à effrayer les chevaux adverses. Cette arme était utilisée uniquement en charge et pouvait tuer instantanément quand elle était bien maniée et offrait l'avantage de mettre son porteur hors d'atteinte des coups de sabre ennemis comme des soldats au sol. Une fois au corps à corps le lancier devait rapidement se saisir de son sabre ou dans le cas contraire son arme pouvait devenir un handicap contre un cavalier armé d'un sabre, plus maniable à courte distance. Le maniement de la lance pour être correctement effectué demandait un entraînement certain. Cette arme élégante n'avait pas d'équivalent dans l'armée américaine. Les cavaliers irréguliers, les présidiales, les lanciers de Jalisco adoptèrent tout ou partie la lance comme arme de combat principale.

Le premier peloton de la première compagnie de chaque régiment de ligne était également composé de lanciers

Les cavaliers ne dédaignaient pas non plus les pistolets et autres tromblons pour le tir à courte distance. La carabine anglaise "Paget" semble avoir été aussi utilisée.

Les grades de la cavalerie étaient visibles par le type d'épaulette porté :

les colonels et lieutenants-colonels portaient de riches épaulettes argent rigides avec une étoile dorée pour les colonels et sans pour les lieutenants-colonels.

les officiers supérieurs comme les premiers-adjudants ou les capitaines portaient deux épaulettes rigides plus petites, les lieutenants et les sous-lieutenants une épaulette souple avec un passant de la couleur de leur tunique, les sergents des épaulettes vertes et les soldats et caporaux de simples contre-épaulettes vertes sans franges.

Les 9 régiments de ligne ont adopté un uniforme en 1839 qui fut changé une première fois en 1840 puis une seconde en 1841. Les hommes portaient un shako à l'exception du premier régiment qu portait un casque à cimier, les épaulettes sont argent pour les officiers et vertes pour le reste de la troupe. Le numéro du régiment est brodé sur le col des deux côtés et dans le même sens. Le 9ème et le 7éme régiments eurent droit à un ultime changement de leur tenue en 1842 et 1843.

Les lanciers de Jalisco et les cuirassiers de Tulancingo présentés sur la planche seront étudiés ultérieurement avec d'autres unités montées.

cuirassier de Tulancingo, l'inspiration française de sa tenue est indéniable, ce magnifique cavalier rappelle l'un des deux régiments de carabiniers de Napoléon premier qui arborait de superbes cuirasses cuivrées

cuirassier de Tulancingo, l'inspiration française de sa tenue est indéniable, ce magnifique cavalier rappelle l'un des deux régiments de carabiniers de Napoléon premier qui arborait de superbes cuirasses cuivrées

les 6 premiers régiments de ligne dans l'uniforme qu'ils portaient durant la guerre de 1846-1848

les 6 premiers régiments de ligne dans l'uniforme qu'ils portaient durant la guerre de 1846-1848

les 3 derniers régiments de ligne et trois unités de création récente.

les 3 derniers régiments de ligne et trois unités de création récente.

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Le régiment des fusiliers montés ou "mounted riflemen"

Publié le par Olivier Millet

Le régiment des fusiliers montés ou "mounted riflemen"

Le régiment des fusiliers montés ou US Regiment of Mounted Riflemen.
Créé en mai 1846 dans le but d'assurer la défense des voies d’approvisionnement de l'Oregon, le régiment comportait 10 compagnies de 64 hommes.
Les officiers de cette unité furent choisis pour leur talent tactique plus que par leur affiliation avec le pouvoir gouvernemental comme cela se pratiquait trop souvent.
La guerre avec le Mexique intervint donc en plein milieu de leur mise en place et avec le besoin urgent en troupes régulières, l'unité fut réorientée vers le sud du pays.
Arrivé à la Nouvelle-Orléans, le régiment fut équipé et monté avant de rejoindre son affectation à Port isabelle afin de rejoindre l'armée d'observation du général Zachary Taylor.
Malheureusement pour le régiment, les montures furent expédiées par bateaux et beaucoup d'entre elles furent perdues lors d'accident. Le reste des chevaux fut transféré au 2nd regiment of Dragoons laissant le régiment de fusiliers montés à pied.
Détaché au profit de l'armée du général Winfield Scott pour les opérations depuis Vera Cruz sur Mexico, le régiment demeurait toujours sans monture bien que des essais furent effectués avec des chevaux locaux inaptes à transporter un cavalier et son harnachement complet ainsi que son armement.
Finalement en mai 1847, deux compagnies (la C et la I ) furent montées et servirent d'escorte à Scott lors de son entrée à Puebla le 28 mai 1847. Le reste du régiment poursuivit ses opérations à pied. Durant les combats qui accompagnèrent la prise de Mexico, le régiment se montra d'une grande bravoure tandis que les deux compagnies à cheval expérimentaient la guerre de guérilla contre les irréguliers mexicains qui menaçaient les axes de communication américains.
L'unité montra encore une grande capacité opérationnelle dans sa lutte contre les guérillas mexicaines.

L'uniforme:
Il est semblable à celui des régiments de dragons avec les exceptions suivantes :
Le pantalon bleu clair est remplacé par un pantalon de la même couleur que la tunique avec une bande noire surlignée des deux côtés par du jaune. Les boutons sont estampillés avec un R, pour rifle, au lieu d'un D, la casquette est ornée d'un aigle doré brodé accompagné de la lettre R en argent.
Les officiers portaient la tunique bleu foncé avec une écharpe de soie cramoisie par-dessous la ceinture de cuir noirci, deux insignes brodés or sur les épaules et les lacets de couleur or le long du col. La casquette était équipée d'un aigle brodé couleur or. Ils étaient armés d'un sabre de cavalerie et d'une paire de pistolets
Les hommes de troupe portaient la même tenue bleu sombre, avec des pattes d'épaule bleues surlignées de jaune, des ceintures et des baudriers en cuir blanchi avec une boucle de ceinture ovale en cuivre. Leur équipement comprenait la musette blanche, une gourde en bois de couleur bleue, un sabre de cavalerie et un mousqueton modèle 1841 de 0.54 de calibre sans baïonnette.
Les sous-officiers portaient les chevrons jaunes brodés sur le bras droit. Lors des derniers mois de la guerre certaines compagnies ou détachements furent équipés de pistolet colt à six coups et simple action.

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Les volontaires du Mississippi dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Les volontaires du Mississippi dans la guerre du Mexique

Les volontaires du Mississippi ou "Mississippi rifle", les célèbres habits rouges de l'armée Taylor s'immortalisèrent à la bataille de Buena Vista où, menés par leur chef Jefferson Davis, futur président de la confédération sudiste, ils repoussèrent les Mexicains à un moment critique de la bataille.

Parmi les immigrants américains qui partirent peupler les états mexicains de Californie et du Nouveau-Mexique, se trouvaient de nombreux habitants du sud et en particulier du Mississippi ; il n'est pas étonnant que les représentants de ces états aient largement soutenu le programme expansionniste de Polk pour la présidence de 1844, pas plus qu'il n'était étonnant de voir de nombreux volontaires du Sud partir pour l'armée du Mexique. Le Mississippi dut fournir un régiment de volontaires d'environ 1000 hommes, mais la ferveur populaire dans les états du sud était telle que ce sont presque 17000 hommes qui se présentèrent pour se faire recruter à Vicksburg. Le régiment fut à 10 compagnies, de la compagnie A à K. Les volontaires élurent Jefferson Davis, du conté de Warren, pour être leur colonel. La milice et les volontaires choisissaient par le vote leurs officiers : celà permettait de renforcer l'esprit de corps à défaut d'avoir le meilleur tacticien à la tête du régiment. Davis était membre du Congrès pour le Mississippi et deviendrait plus tard le président de la confédération sudiste lors de la guerre civile. Mais Davis était avant tout un ancien élève de West Point et avait à ce titre servi comme officier dans l'armée américaine.

Dès qu'il prit le commandement de son unité à la Nouvelle-Orléans, il en fit une des meilleures de l'armée par un entraînement quotidien. En outre Davis insista pour que ses hommes soient équipés du nouveau fusil à canon rayé M1841 qui porterait bientôt le nom de Mississippi rifle tant les volontaires furent habiles et efficaces avec cette arme.

Les volontaires rejoignirent l'armée de Taylor à Camarguo, une petite ville située sur le Rio Grande et qui servait de base arrière pour l'armée du général Taylor. Les terribles conditions sanitaires sur place firent que beaucoup d'hommes tombèrent malades et un grand nombre mourut et fut jugé inapte au combat. Néanmoins Taylor et son armée poursuivirent leur avancée vers Monterrey et s'emparèrent de la ville. Les volontaires du Mississippi participèrent activement au combat. Mais les négociations qui s'engagèrent ensuite, discréditèrent Taylor, et son armée fut séparée en deux au profit du général Winfield Scott. Bien que les volontaires du Mississippi furent choisis pour renforcer l'armée de Scott, Taylor insista pour les garder près de lui. Il ne voulait pas perdre certaines de ses meilleures unités surtout en plein territoire ennemi et en sachant qu'il n'avait nullement l'intention de s’arrêter là.

Puis ce fut la bataille de Buena Vista : la ligne américaine submergée était sur le point de flancher, Taylor partit en arrière sécuriser sa voie de communication revint sur la ligne de front avec auprès de lui les habits rouges du Mississippi. Taylor leur ordonna de renforcer la ligne, Davis aurait crié à ses hommes " tenez ferme mes garçons, tenez ferme pour la gloire du vieux Mississippi". Adoptant une formation en V, les volontaires du Mississippi stabilisèrent la ligne américaine vacillante et repoussèrent avec pertes, les troupes mexicaines.

Avec la victoire de Buena Vista s’arrêta la carrière opérationnelle des volontaires du Mississippi. Un mois après la bataille, Mexico capitulait. Les volontaires de Davis firent excellente impression sur Taylor qui avait vu juste en les gardant près de lui. Leur intervention à Buena Vista fut déterminante pour la victoire américaine. Durant toute la guerre, les volontaires du Mississippi déplorèrent 59 morts au combat et 123 autres de maladie ou d'accidents, le taux de perte le plus élevé de toutes les unités de volontaires.

L'uniforme:

En tant que volontaires, les hommes du Mississippi ne furent pas astreints à porter un uniforme réglementaire. Ils choisirent une tunique rouge, un pantalon large blanc. Les hommes portaient un chapeau à bord large pour se protéger du soleil mordant du désert. Leur accoutrement comprenait un baudrier noir, une ceinture de cuir noir à laquelle était accrochée la sacoche à capsule de fulminate pour le fusil M1841. Ils ne possédaient pas de baïonnette mais pour le corps à corps ils avaient le terrible couteau Bowie. Ce couteau de combat, popularisé par le colonel Jim Bowie qui fut tué au siège de Fort Alamo, était très en vogue dans les états du Sud et donnait au soldat une courte mais solide arme de corps à corps, une arme au large tranchant avec une garde épaisse. En tant qu'ancien officier de l'US Army, Davis revêtait un uniforme bleu foncé réglementaire avec casquette M1839, tunique bleu foncé et épée.

deux représentations de la bataille de Buena Vista et de la défense des volontaires du Mississippi. La première, plus récente, représente bien la tenue rouge à chapeau large portée par les volontaires. La deuxième montre les hommes avec la casquette M1839 en lieu et place du chapeau large, par contre les couteaux Bowie et les carabine M1841 sont clairement visibles
deux représentations de la bataille de Buena Vista et de la défense des volontaires du Mississippi. La première, plus récente, représente bien la tenue rouge à chapeau large portée par les volontaires. La deuxième montre les hommes avec la casquette M1839 en lieu et place du chapeau large, par contre les couteaux Bowie et les carabine M1841 sont clairement visibles

deux représentations de la bataille de Buena Vista et de la défense des volontaires du Mississippi. La première, plus récente, représente bien la tenue rouge à chapeau large portée par les volontaires. La deuxième montre les hommes avec la casquette M1839 en lieu et place du chapeau large, par contre les couteaux Bowie et les carabine M1841 sont clairement visibles

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L'artillerie de ligne mexicaine

Publié le par Olivier Millet

L'artillerie de ligne mexicaine

L'arme la plus professionnelle de l'armée était, en règle générale, l'artillerie. Elle nécessitait des officiers et des hommes parfaitement formés pour délivrer des feux précis, ajuster correctement une mèche d'obus explosif, estimer une distance...

Pour l'artillerie mexicaine, la plupart des officiers artilleurs provenaient de divers horizons. Les plus anciens étaient des vétérans des guerres européennes et n'étaient pas natifs du Mexique, les plus jeunes sortaient de l’académie militaire de Mexico à Chapultepec.

Comme l'infanterie, l'artillerie mexicaine possédait un armement ancien et d'origine diverse. La plupart des canons étaient basés sur le système français Gribeauval avec ses doubles flasques typiques mais dont le poids important limitait la mobilité. Son opposante américaine bénéficiait du système à remorque mis au point par les Britanniques et qui augmentait sensiblement les capacités de déplacement des pièces tout en facilitant leur déploiement. Un autre handicap de l'artillerie mexicaine était la qualité de la poudre noire produite localement. Cette dernière était inférieure à celle employée par les Américains et à quantité égale, les capacités des armes mexicaines étaient amoindries par sa mauvaise combustion. La conséquence était que les projectiles envoyés par les canons mexicains tombaient plus court que ceux de leurs adversaires. Augmenter la quantité de poudre offrait l'avantage de rattraper ce retard mais risquait de détruire la pièce. Les soldats d'infanterie qui avaient le même problème augmentaient la charge et tiraient trop haut du fait du recul important.

L'artillerie mexicaine ne bénéficiant pas d'une arme du train, il fallait faire appel à des contractuels civils pour déplacer les pièces et surtout fournir la logistique du parc d'artillerie avec les problèmes que cela sous-entendait.

Les calibres utilisés variaient du 3, 4, 6, 8 ou 12 livres et des obusiers de 7 pouces. Les projectiles utilisés étaient les mêmes que ceux des Américains :

- le boulet plein qui rebondissait sur le terrain et tuait ou mutilait les hommes qu'il frappait.

- le boulet explosif qui était un boulet creux contenant de la poudre et des balles et dont la mèche était allumée au moment du tir. Tout le talent de l'artilleur résidait dans la bonne estimation de la longueur de mèche afin que le boulet explose au-dessus et en avant de sa cible afin de l'arroser avec une pluie de balles.

- le "grapeshot" ou grappe de raisin était un projectile en toile contenant plusieurs étages de petits boulets appelés biscaïens lui donnant un aspect de grappe de raisin. La puissance de ce projectile était suffisante pour tuer plusieurs hommes sur une étendue plus large qu'un boulet classique. Cette arme était plus souvent utilisée en mer que pour le combat au sol.

On confond souvent ce projectile avec la boîte à mitraille qui était un cylindre métallique contenant des balles et dont le fonctionnement s'apparentait à une décharge de chevrotine. A la sortie du canon le cylindre explosait libérant une pluie de balles en gerbe conique. Ce projectile était celui qui tirait le moins loin mais son effet sur l'infanterie à courte portée était terriblement destructeur.

L'artillerie de l'armée régulière mexicaine au déclenchement du conflit comprenait 4 brigades dont une montée à cheval et 5 compagnies de garnison. Un bataillon de sapeurs était rattaché à l'artillerie.

L'artillerie mobile, à cheval, n'était pas aussi mobile que son homologue américaine ce qui était en grande partie dû au fait que le matériel d'artillerie mexicain était d'une conception plus lourde et que le système d'avant-train était du type à pivot central qui le désavantageait face à une artillerie dont les avant-trains sont équipés de crochets pour la remorque.

Présente durant tous les combats importants, l'artillerie mexicaine souffrait certes d'un manque de mobilité mais se comporta honorablement et malgré ses faiblesses intrinsèques, elle sut se faire respecter de ses adversaires qui eurent à subir son feu.

L'uniforme :

l'artilleur mexicain était habillé avec une tunique et un pantalon bleu foncé. Le col rouge était pourvu d'une grenade brodée avec le numéro de la brigade ou de la compagnie. Les manches, les passepoils et les retroussis étaient rouge cramoisi. Les revers de poitrine étaient noirs avec des boutons jaunes pourvus de lacets jaunes. Les contre-épaulettes et épaulettes étaient jaunes (or pour les officiers) et dépourvues de franges.

Les hommes portaient le shako tronconique avec une plaque particulière à l'artillerie (voir planche). Les officiers portaient une tunique bleue sans revers de poitrine ou le manteau bleu foncé. Le shako des officiers était soit du même type que les hommes soit un képi d'origine française introduit en 1845. Les artilleurs à cheval portaient la même tenue avec quelques différences : ils avaient 3 demi-chevrons jaunes sur les avant-bras, le pantalon était du type de celui de la cavalerie.

un canon mexicain sur le site de la bataille de Palo alto, sa couleur et sa forme rapellent fortement les canons américains de la guerre de 1812. Le Mexique, ne possèdant pas d'arsenals pour fabriquer de telles pièces, utilisa des canons européens de provenances diverses mais souvent anciens

un canon mexicain sur le site de la bataille de Palo alto, sa couleur et sa forme rapellent fortement les canons américains de la guerre de 1812. Le Mexique, ne possèdant pas d'arsenals pour fabriquer de telles pièces, utilisa des canons européens de provenances diverses mais souvent anciens

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Les Marines dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Les Marines dans la guerre du Mexique

Lors de la déclaration du guerre au Mexique par les États-Unis en mai 1846, le Congrès autorisa la montée en puissance des forces armées et des volontaires. L'US Army passa de 7000 à 15000 hommes, 50000 volontaires furent appelés aux armes et les effectifs de la marine purent passer de 7500 à 10 000 hommes.


Le corps des Marines faisait partie intégrante du commandement naval, cette unité avait combattu depuis sa création dans la guerre d'indépendance, la guerre de 1812, les guerres Séminoles. Cette entité relativement petite passa complètement sous la juridiction de la marine par la loi de 1834. Cette loi stipulait également que le président avait toute autorité pour transférer cette juridiction à l'armée de terre si le besoin s'en faisait ressentir.
A la déclaration de la guerre, les US Marines comprenaient 63 officiers et 1200 hommes répartis sur les navires de l'US Navy ou dans les ports militaires où ils assuraient la surveillance et la protection des infrastructures.
La principale mission des unités de Marines durant la guerre fut le service en tant qu'infanterie embarquée. Cette mission comprenait le combat en mer, la protection du bâtiment et la réalisation des débarquements côtiers. Cette dernière mission fut accomplie particulièrement souvent sur le littoral mexicain afin de s'assurer le contrôle de points importants.

Le Mexique, les Marines en avaient déjà eu un aperçu quand la situation politique tendue entre les États-Unis et le Mexique avait conduit à une opération militaire particulièrement malvenue et réalisée sans consentement aucun du gouvernement américain en 1842.
La flottille du commodore Jones jeta l'ancre devant la capitale de Californie Monterey afin de la capturer. Un détachement de Marines et de marins réalisa l'opération rapidement et sans accrocs. Mais Jones avait agi de son propre chef, persuadé que la situation entre le Mexique et les États-Unis justifiait son acte. Son action reposait sur des rumeurs disant qu'un accord serait sur le point d'intervenir entre le Mexique et le Royaume-Uni visant à céder la Californie aux Anglais ce qui bien sûr était inacceptable pour les Américains qui lorgnaient déjà avidement sur cette région. La mission fut un succès tactique et un fiasco diplomatique embarrassant. Au moins les Marines se frottèrent une première fois à ce terrain acquérant ainsi de l'expérience qui leur serait utile dans les années suivantes.


La Californie, en 1846, allait encore une fois devenir le lieu d'actions militaires de la part des Marines. Avec la proclamation de la république de Californie par des colons américains révoltés et la guerre officialisée le 13 mai 1846, le sort de cette province mexicaine était désormais scellé. Le commodore Sloat, commandant la flotte du Pacifique à l'ancre devant Mazatlan, au Mexique, apprit que la guerre avait été déclarée et que les Américains et les Mexicains s'étaient affrontés déjà deux fois à Palo Alto et Resaca de la Palma. Il leva l'ancre le 8 juin 1846 avec pour instruction de capturer tous les ports et villes importantes de Californie dès l'état de guerre connu. Dès lors il allait utiliser ses détachements embarqués de Marines pour s'emparer de Monterey le 7 juillet 1846 avec 85 marines et 120 marins. Après avoir capturé la ville, les marines effectuèrent quelques missions de contrôle sur place. Puis ce fut le tour de Yerba Buena d'être capturée sans résistance. La petite localité fut laissée avec une garnison de 14 marines pour la surveiller. Le même jour un détachement de Marines rejoignit les colons révoltés de Somona et hissèrent ensemble la bannière étoilée en lieu et place du drapeau à l'ours de la république de Californie.
Le 29 juillet, San Diego fut capturé, ainsi qu'un brick mexicain à l'ancre, par des Marines et des marins et encore une fois un détachement d'une cinquantaine de Marines fut laissé en garnison. Santa Barbara puis San Pedro tombèrent mais les marines ne laissèrent pas de garnison. Le 13 août, ce fut la ville de Los Angeles qui tomba devant une force combinée de volontaires et de Marines. Avec cette dernière ville la plupart des cités importantes de la côte étaient tombées et dès qu'elles furent remplacées par des volontaires, les garnisons de marines rejoignirent leurs navires respectifs. Sauf à Los Angeles où les excès de la garnison déclenchèrent une révolte locale et la petite garnison de Marines fut forcée de négocier son départ de la ville. Les Américains tentèrent une première fois de reprendre la ville par la force avec 300 hommes mais durent se replier devant des rebelles insaisissables. Les garnisons de San Pedro et San Diego connaissaient également des difficultés mais tenaient ferme malgré le harcèlement des rebelles et les vivres qui diminuaient.

A San Diego, les marines et des marins durent prêter assistance aux forces de Kearny qui arrivaient de l'ouest et qui étaient harcelées par des lanciers irréguliers. Les Américains réussirent à forcer le passage et à se regrouper à San Diego. Les forces américaines étaient désormais suffisamment puissantes pour tenter une nouvelle fois de reprendre Los Angeles.

Forces rebelles et américaines se rencontrèrent à San Gabriel, le 8 janvier, et les Marines eurent le dessus grâce à une impétueuse charge à la baïonnette. La dernière rencontre de la campagne Californienne eut lieu à La Mesa où les Américains stoppèrent les fougueuses charges des lanciers californiens puis s'emparèrent de Los Angeles le 10 janvier 1847. Finalement la Californie capitula 6 mois après le débarquement de Monterey.

La côte ouest du Mexique fut le secteur d'opération suivant pour les Marines. Ils capturèrent San José puis La Paz in Baja, San Lucas, Mulege in Baja, La Paz. A Guaymas, la garnison de 600 hommes refusa de se rendre mais après un bombardement naval, ils s’enfuirent laissant la ville aux Américains. Avec l'arrivée de nouvelles unités de l'US Navy, certaines provenant du Japon, les opérations dans la baie de Californie s'intensifièrent ; les marines multiplièrent les débarquements en rencontrant peu ou pas de résistance jusqu’à ce que la nouvelle du traité de paix de Guadalupe-Hidalgo mette un terme aux opérations dans le secteur. Le traité ne mit pas fin aux combats qui perdurèrent presque un an après sa signature.

Les Marines toujours en petit nombre se firent particulièrement remarquer comme troupe d'élite aux capacités amphibies reconnues et en tant que soldats hors pair dans les engagements. Mais ces opérations restèrent dans l'ombre de la campagne menée contre Mexico sur la côte Est du pays par l'armée du général W.Scott.


Le commodore Coner commandait la flottille en charge des opérations sur la côte Est du Mexique. Les marines à son bord furent organisés en bataillon pour agir de concert avec les éléments de l'US Army. Ces éléments capturèrent la petite localité de Burita le 18 mai 1846 et hissèrent les premiers le drapeau américain sur le territoire mexicain. Le nombre de marines opérant dans le golfe du Mexique ne dépassait pas 200 hommes, pourtant ils furent également utilisés pour multiplier les débarquements de la même manière que sur la côte Ouest. Le 25 octobre ils capturèrent Tabasco, le 14 novembre, Tampico et Panuco.
En mars 1847, le Congrès autorisa une augmentation du corps des Marines de 1000 soldats et 12 officiers supplémentaires.


L'opération sur Mexico passait par un débarquement d'importance sur Vera Cruz qui fut effectué le 9 mars 1847 puis s’ensuivit un siège qui s'acheva le 25 mars. Le général Winfield Scott, commandant en chef de l'expédition, par la loi de 1834 prit sous son commandement direct 6 compagnies de marines. Les compagnies A,B,C furent organisées dans le premier bataillon de Marines du Major Twiggs, les compagnies D,E,F dans le second bataillon du Major Dulany. Les deux bataillons sous les ordres du colonel Watson. Des compagnies de réguliers ou de volontaires furent attachées aux bataillons pour les étoffer et leur donner la force d'un régiment. Les 600 marines prévus pour les bataillons ne furent que 300 et un seul bataillon regroupant les 6 compagnies fut organisé.
Durant l'avancée des troupes de Scott vers Mexico, les Marines furent assignés à la protection de l'arrière-garde contre l’incessante guérilla. Gardés en réserve, les marines ne participèrent pratiquement pas aux combats de Contreras et Churubusco mais, arrivés devant la forteresse de Chapultepec, ils allaient enfin passer à l'action. Défendue par 800 hommes, dont 200 cadets, la forteresse fut attaquée par les Américains. Les marines faisaient parti des éléments de choc mais passèrent la majeure partie de la bataille au pied des murs à retourner le feu ennemi et laissèrent les troupes régulières s'emparer du château. D'autres détachements combattirent les Mexicains et s'approchèrent très près de Mexico City, le major Twiggs fut tué au pied des murs. Les marines combattirent bravement autour de la forteresse et tinrent leur position, mais certains entrèrent dans les faubourgs de Mexico, devenant les premiers soldats américains à le faire, avant de recevoir l'ordre de se replier. La bataille gagnée, les marines et la division à laquelle ils appartenaient eurent droit de défiler les premiers dans la capitale mexicaine qui s'était rendue. Le matin du 14 septembre les marines entrèrent à Mexico City et occupèrent le palais du gouvernement appelé aussi les Halles de Montezuma. Avec la chute de Mexico et une opinion publique défavorable, les Américains hâtèrent la fin de la guerre et le président Américain Polk accepta les termes du traité de Guadalupe-Hidalgo. 30 Marines du bataillon de Mexico avaient perdu la vie durant cette courte campagne.

Bien que le deuxième bataillon de Marines fut enfin activé, la fin de la guerre signifiait une baisse des effectifs et un retour à leur mission première : l'infanterie embarquée et la garde aux ports.
Bien que des actions en justice aient entaché la réputation de certains officiers du corps des Marines pour leur conduite à Chapultepec, les Marines se comportèrent efficacement et bravement durant la campagne, 27 officiers furent brevetés pour action d'éclat soit plus que durant la guerre civile. Même si leur nombre étaient relativement faible, leurs actions, notamment sur les côtes, eurent de grands effets et facilitèrent la chute de la Californie.

L'uniforme :

La tenue des Marines était la tunique bleue à col rouge et lacets jaunes. Le pantalon bleu clair était équipé d'une bande bleu foncé. Les baudriers blancs soutenaient la giberne M1839 et la baïonnette. Le shako était le modèle Bell Crown à sommet largement évasé vers l'extérieur. Les manches étaient bleues mais équipées de lacets jaunes surlignés de rouge avec un parement en pointe.

Bien entendu, cette tenue n'était pas très adaptée au difficile climat du Mexique et le corps des Marines adopta une tenue de campagne copiée sur le modèle de l'infanterie de l'US army. La principale différence entre les deux uniformes était l'absence totale de lacets. La tunique courte et le pantalon étaient bleu clair, les boutons étaient en métal jaune, la casquette M1839 était bleue avec une plaque "USM" en métal jaune. Les officiers avaient un insigne brodé sur la casquette représentant une couronne de lauriers entourant un globe et une ancre de marine (symbole du US Marines Corps). Les baudriers blancs soutenaient toujours la giberne et la baïonnette. Un ceinturon blanc complétait l'ensemble

Bien qu'initialement, les Marines devaient être armés du mousquet M1842 à percussion, ils durent se contenter, faute de mieux, du M1816 à platine à silex et sans bandoulière. A l'exception du corps qui accompagna Scott à Mexico qui eut des mousquets normalement équipés mais toujours à platine.

Les sous-officiers se distinguaient des hommes par le port d'une bande bleu foncé surlignée de rouge sur le côté du pantalon et de deux demi-chevrons jaunes sur les avant-bras, une écharpe rouge autour de la taille et une épée droite. Les caporaux avaient un demi-chevron jaune sur les avant-bras.

Les officiers avaient la tunique et le pantalon bleu foncé à simple ou double rangée de boutons, une bande rouge sur le pantalon et une écharpe rouge autour de la taille ainsi qu'une épée. La plaque de baudrier était en cuivre jaune et ovale la plaque de ceinturon était rectangulaire et en cuivre jaune également.

Un très grand merci à Daniel Geisenhof ( Lt-Col USMC ) pour son aide très précieuse, thank you Daniel for your invaluable help in writing this article.

à droite l'entrée des Marines à Mexico, ils furent les premiers à le faire, un honneur dû à leur comportement exemplaire à Chapultepec ( à noter la tenue qui n'est pas l'uniforme de campagne mais la tenue traditionnelle bleue et rouge avec shako bell crown ). A droite un caporal des Marines en tenue de campagne d'après un tableau de Don Troianià droite l'entrée des Marines à Mexico, ils furent les premiers à le faire, un honneur dû à leur comportement exemplaire à Chapultepec ( à noter la tenue qui n'est pas l'uniforme de campagne mais la tenue traditionnelle bleue et rouge avec shako bell crown ). A droite un caporal des Marines en tenue de campagne d'après un tableau de Don Troiani

à droite l'entrée des Marines à Mexico, ils furent les premiers à le faire, un honneur dû à leur comportement exemplaire à Chapultepec ( à noter la tenue qui n'est pas l'uniforme de campagne mais la tenue traditionnelle bleue et rouge avec shako bell crown ). A droite un caporal des Marines en tenue de campagne d'après un tableau de Don Troiani

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Le 1st regiment of US Dragoons dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Le 1st regiment of US Dragoons dans la guerre du Mexique

Le 1er régiment de dragons américain fut organisé sur décision du Congrès le 2 mars 1833. En tant que premier régiment de l'arme il fut dénommé "Regiment of US DRAGOONS".

Avec la création de ce régiment, l'US Army retrouvait une unité de cavalerie régulière. Depuis la dissolution des dragons légers après la guerre de 1812, La cavalerie régulière des États-Unis n'existait plus entre 1815 et 1833.

Le 1st Dragoons comportait 8 troops ou escadrons qui comme dans l'infanterie ne comportaient pas de numéro mais des lettres A B C D E F G et H. En mars 1833 à Jefferson Barracks dans le Missouri fut organisé le quartier général du régiment, les escadrons furent organisés dans l'ordre à Nashville, Sacket Harbor, Louisville, Cincinnati, New-York et Jeffersson Barracks. Le dernier escadron fut organisé en mars 1834 soit un an après la création du régiment.

En 1836 un second régiment de dragons fut autorisé et le régiment de US dragoons prit le rang de 1st US Dragoons. Ces unités de cavalerie coûtaient horriblement cher à équiper et entretenir et ce fut la raison pour laquelle le gouvernement américain avait décidé de se passer de leurs services pendant près de 18 ans. Mais les unités montées rendaient aussi d'inestimables services dans un pays en plein essor géographique et démographique. Le contrôle des frontières immenses du pays ne pouvait être confié aux seules unités d'infanterie et de miliciens locaux.

Ce fut donc pour des missions de pacification et de contrôle que le régiment de dragons fut employé à ses débuts. Utilisé dans la région du Missouri, le régiment fut envoyé vers la Floride pour participer à la seconde guerre Seminole.

Lorsque la guerre du Mexique éclata, 4 escadrons ( B, C, G, I ) furent attachés à l'armée de l'Ouest du général Kearny. Deux autres furent attachés à l'armée de Taylor, participant à la bataille de Buena vista, les deux derniers rejoignirent l'armée de Scott dans la campagne de Mexico.

Les escadrons de Kearny participèrent à la prise de Santa Fe, puis une partie d'entre eux se dirigea sur la Californie et combattit à la bataille de San Pascual contre les lanciers irréguliers mexicains et durant laquelle le régiment perdit 17 hommes tués. En Californie les dragons combattirent démontés avec d'autres troupes pour prendre Los Angeles et pacifier le reste de la Californie.

Au Nouveau-Mexique la révolte de Tao éclata, des officiels américains nouvellement mis en place dans la ville de Santa Fe furent massacrés. Deux escadrons du 1st dragoons furent envoyés avec d'autres troupes et écrasèrent la rébellion des indiens Pueblos et des mexicains. L'escadron B fut réorganisé aux États-Unis et renvoyé vers le général Taylor mais tomba dans une embuscade tendue par les indiens Commanches, perdant 11 hommes ; une fois arrivée au Mexique l’unité fut convertie en artilleurs à pied

Les escadrons D, K et F escortèrent les troupes de Scott de Vera Cruz à Mexico et participèrent aux batailles autour de la ville particulièrement à Churubusco. L'escadron F participa quant à lui aux combats de Cero Gordo, Contreras, Molino Del Rey et Chapultepec.

Le régiment a été divisé sur tout le front Mexicain et a participé à beaucoup de combats, le plus souvent démonté. Le combat de San Pascual ayant d’ailleurs démontré les limites des dragons face à des lanciers entraînés ; il est vrai qu'ils étaient montés sur des mules et ne pouvaient se servir que de leur sabre au corps à corps. Les capacités mobiles du régiment ont surtout été utilisées pour sécuriser la ligne d'approvisionnement de Scott et se déplacer rapidement d'un point chaud à un autre. D'une manière générale, les Mexicains, excellents cavaliers, méprisaient les unités montées américaines. La plupart des rencontres entre les deux cavaleries prouvèrent que les cavaliers mexicains, moins bien montés, étaient supérieurs à leurs homologues américains. Mais, une fois mis pied à terre les dragons américains reprenaient l'avantage et devenaient de redoutables combattants. Les Mexicains, en revanche, qui cultivaient le culte de l'élite montée faisaient de piètres combattants une fois leurs cavaliers au sol. Un choc des cultures en quelques sorte où le cavalier représentait le sommet de l'art militaire, une élite pour le Mexique et un moyen efficace de contrôle de zone plus qu'une arme à part entière, quoique la charge de Resaca de la Palma fut exemplaire, pour les Américains.

Après la guerre le régiment reprit son service de contrôle aux frontières avant d’être jeté dans la fournaise de la guerre civile en 1861 en tant que 1st US Cavalry regiment.

L'uniforme:

La tenue de campagne des dragons comportait la tunique courte bleu foncé passepoilée de jaune au niveau du col, de l'attache de poitrine, des poches, des pattes d'épaules et des manches. Le pantalon bleu clair était équipé d'une bande jaune unique pour les cavaliers et double pour les sous-officiers. Les baudriers blancs supportaient la giberne et le mousqueton 1847 ou la carabine Hall 1843 à percussion. La casquette devait comporter une bande jaune mais, seul le second régiment portait cette bande jaune pour se différencier du premier régiment. Le sabre était le modèle M1840 copié sur un sabre de cavalerie légère français de 1822. Ayant une arme à percussion, les hommes portaient sur leur ceinture une petite pochette en cuir noir contenant les cartouche à Fulminate. Les sous-officiers portaient les chevrons jaunes et la ceinture de laine rouge, les officiers portaient la tunique bleu foncé sans ornements jaunes avec des grades d'épaule et l’écharpe rouge autour de la taille. Le guidon montré sur la planche représente le guidon de la première compagnie ou escadron, le régiment emportait également deux étendards plus petits mais de même type type que l'infanterie.

A la fin de la guerre il est possible que le régiment ait adopté des pistolets de type Walker ou M1832/1835 afin d'améliorer la puissance de feu à courte portée particulièrement utile contre les cavaliers irréguliers mexicains.

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