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Le général Zachary Taylor

Publié le par Olivier Millet

Le général Zachary Taylor

Taylor est né en 1784 en Virginie, fils d'un planteur, ancien vétéran de la guerre d'indépendance. Taylor et sa famille partirent s’installer dans le Kentucky. Sur place et profitant du boom économique, sa famille développa une plantation et entretint des esclaves pour la cultiver. En 1808, Taylor s'engagea dans l'armée américaine en pleine crise politique avec l'Angleterre suite à l'incident de la frégate USS Chesapeake. Il prit le grade de premier lieutenant dans le 7th US infantry regiment. En 1810 il était capitaine et en 1811, il fut envoyé prendre le commandement de la garnison de fort Knox dans l'Indiana. Sa gestion sur place lui attira les faveurs du gouverneur de l'Indiana, le bouillonnant Harrisson. Les troubles avec les indiens augmentèrent parallèlement avec ceux contre les Anglais et Taylor participa au combat contre les Anglais et leurs alliés indiens. Il participa au combat de Fort Harrisson où une force indienne pro-anglaise fut repoussée par la garnison américaine. Pour ce succès, Taylor reçut le grade de Major et participa en qualité d'adjoint du général en chef à deux expéditions contre les indiens dans l'Illinois et l'Indiana. Il fut responsable de la construction de Fort Johnson mais fut forcé de l'abandonner quelque temps plus tard. En 1814 il quitta brièvement l'armée avant d'y revenir. Lieutenant-colonel en 1819, il construisit Fort Jesup en Louisiane. Taylor par ses missions acquit une expérience certaine dans l'établissement de postes avancés ce qui lui sera utile au début de la guerre du Mexique. Sa vie militaire fut partagée entre différentes garnisons, des commissions réformatrices sur l'armée et la guerre contre les indiens Séminoles. Durant la seconde guerre Séminole en 1837, il battit une force indienne à la bataille du lac Okeechobee ce qui lui valut le brevet de brigadier général et il obtint le commandement de l'ensemble des forces armées de Floride.

Taylor passa l'année suivante à parcourir le pays avec sa famille ce qui lui permit de nouer des relations politiques parmi lesquelles le président Harrisson lui-même, qu'il avait bien connu au début de sa carrière.

Son implication dans les affaires mexicaines débuta dès 1844, quand il fut envoyé en Louisiane pour s'opposer à un éventuel retour en force des Mexicains contre le Texas indépendant. Une fois ce nouvel état intégré à l'union, le président J.Polk, envoya Taylor et son armée de 3000 hommes se positionner dans le secteur contesté entre les Rio Grande et Nueces. Ayant fait de Corpus Christi sa base arrière, Taylor établit un poste sur le Rio Grande en face de la ville mexicaine de Matamoros : Fort Texas. Ce fut le troisième Fort dont Taylor supervisa la construction. Dans les semaines qui suivirent les tensions entre forces américaines et mexicaines aboutirent à l’embuscade du détachement de cavalerie américain mené par le capitaine Thornton et le déclenchement de la guerre du Mexique.

Taylor fut donc en charge de l'armée américaine lors des premières confrontations avec les Mexicains, il dut d'abord faire face à l'offensive sur fort Texas tout en s'occupant de l'acheminement des troupes et des approvisionnements depuis la côte. Il battit les Mexicains aux batailles de Porto Alto et Resaca de la Palma qui permirent de dégager le fort américain et de forcer les troupes mexicaines à la retraite vers le sud. Lancé à leur poursuite il se réorganisa avant d'entreprendre son offensive vers Monterrey. Après de durs combats où l'armée américaine fit connaissance avec le combat urbain, il négocia avec le général Ampudia un armistice qui permit aux Mexicains de se désengager de la région mais en abandonnant la ville aux Américains. Cet accord mit Polk dans une rage folle car il outrepassait les fonctions purement militaires de Taylor. Polk, certainement soucieux d'écarter un futur candidat aux présidentielles, profita de l'occasion pour faire passer Taylor au second plan en accordant la majorité des forces armées au général Winfield Scott l'autre héros américain. Malgré les ordres de rester sur place, Taylor continua son offensive vers le sud avec des forces réduites et affronta une dernière fois les forces mexicaines à la bataille de Buena Vista. Malgré une disproportion de forces de presque deux contre un, Taylor réussit à tenir en échec les forces de Santa Anna et gagna une notoriété énorme. Lors d'un assaut mexicain il ordonna au chef d'une de ses batteries de tirer avec ses canons à double charge selon des termes qui seront repris pour sa future campagne présidentielle. Néanmoins les opérations pour lui et son armée s'arrêtèrent là, le Mexique étant en passe de perdre sa capitale et donc la guerre.

Avec sa stature de héros national, Taylor monopolisa autour de lui des groupes politiques composés aussi bien de Whigs et de démocrates. Malgré son désir de rester indépendant, il fut choisi par le parti whig comme étant le candidat le plus à même de défendre leurs idées pour l'élection présidentielle de 1848. Bien que natif du sud, il était opposé à l'extension de l'esclavage dans les nouveaux états conquis mais ne manifestait pas non plus une totale adhésion envers les idées antiesclavagistes de certains groupes politiques nordistes. il était pour un pouvoir fort du parlement mais pour limiter celui du président en supprimant son droit de veto ; en outre il était contre les mesures protectionnistes et certains droits de douanes. La campagne électorale fut menée de main de maître par le sénateur John Critenden ; Taylor ne s'y impliqua pas totalement refusant même de s'expliquer sur son projet politique ou de faire des rencontres publiques avec l'électorat. Elu, il ne montra pas un grand empressement pour s'intégrer à sa nouvelle vie à Washington, démissionnant même sur le tard de son poste militaire. Son mandat ne laissa pas de souvenir impérissable, il dut gérer l'intégration des nouveaux états fraîchement conquis après la guerre du Mexique et la désignation des droits à l'esclavage ou non pour tous les nouveaux états et territoires ainsi créés. La situation mondiale relativement calme lui a permis de passer son mandat à l'abri de toute crise internationale majeure. Il réalisa conjointement avec les Anglais un canal reliant l'Atlantique au Pacifique au Nicaragua par le traité Clayton Bulwer. Ce fut là son seul vrai succès. D'un point de vue politique intérieur Taylor fut l'homme des compromis et s'appuya souvent sur le Congrès quant à la prise de décision d'importance il eut le mérite de ne pas attiser les tensions qui commençaient sérieusement à apparaitre entre sécessionnistes du Sud et abolitionnistes du Nord.

Taylor ne put terminer son mandat, le 4 juillet 1850 il décéda d'une complication digestive que certains ont attribuée, à tort, à un empoisonnement. son corps fut enterré dans la plantation familiale de Louisville dans le Kentucky.

Taylor ne laissa pas l'empreinte d'un grand président mais certainement celle d'un grand leader militaire de par ses actions durant la guerre du Mexique. Il n'a pas démontré de grands talents de stratège mais une capacité de leader étonnante allant même jusqu’à braver un ordre présidentiel. Particulièrement apprécié de ses soldats, il demeure l'une des plus grandes figures si ce n'est la plus grande figure militaire américaine de la guerre du Mexique.

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Le général Antonio Lopez de Santa Anna

Publié le par Olivier Millet

Le général Antonio Lopez de Santa Anna

Parmi les nombreux leaders qui ont émaillé le paysage politique mexicain du début du 19ème siècle il en est un qui sort incontestablement du lot par les sentiments exacerbés qu'il a suscités tout au long de sa carrière politico-militaire. Cet homme est le général Antonio Lopez de Santa Anna.


Natif de la région de Vera Cruz en 1794, à Jalapa, Santa Anna débuta sa carrière militaire comme cadet dans un régiment d'infanterie à l'age de 16 ans. Son baptême du feu intervint dans la campagne menée par les Espagnols contre les Indiens Chichimèques où il fut blessé au bras en 1811.
Nommé sous-lieutenant pour sa bravoure au combat en 1812, il s'oriente par le biais de connaissances politiques à Vera Cruz dans la formation des unités militaires de Vera Cruz vers 1815. Il s'illustre contre des insurgés autonomistes locaux et est nommé capitaine en 1817. Depuis 1810/1811, le pays était animé par un soulèvement indépendantiste visant à chasser le gouvernement espagnol du Mexique et à obtenir l'indépendance. Mais malgré des succès initiaux les insurgés sont écrasés à la bataille du pont de Calderon en janvier 1811 et dès lors la lutte armée prendra le visage d'une guérilla plus ou moins active.
En 1818 il est contacté par un leader de la cause indépendantiste mexicaine, Don Guadalupe Victoria, afin de les rejoindre dans leur combat. Santa Anna répond par une mesure visant à déliter le mouvement indépendantiste en permettant aux insurgés qui le souhaiteraient de déposer les armes en échange de terre. Mais la situation change et en 1821, les leaders indépendantistes, renforcés par la conjoncture espagnole en Europe, obtiennent du vice-roi un traité (traité de Corduba) ouvrant la voie à l'indépendance du Mexique. Santa Anna adhère dès lors à la cause indépendantiste et se retourne contre les forces loyalistes qu'il défait plusieurs fois.


Nommé général de brigade par le nouvel empereur constitutionnel mexicain, Iturbide, il demeure insatisfait et refuse d’obéir aux ordres du leader du Mexique l'enjoignant de s'en prendre au leader indépendantiste local, Guadalupe Victoria, que Santa Anna connaît bien. En plus de son refus d'obéissance, Santa Anna conclut un accord avec Victoria soutenant la cause d'une république mexicaine. Les Espagnols de leur côté tentent une dernière fois de reconquérir le Mexique mais sont repoussés par Santa Anna en 1829. Dès lors il est perçu comme un héros national au Mexique, le sauveur de l'indépendance.
Leader militaire, il fut aussi un leader politique : de 1833 à 1855, il fut onze fois président du Mexique démontrant ainsi la très grande instabilité gouvernementale qui régnait alors, les coups d'état succèdant aux coups d'état.


Son premier mandat, il l'exerça par intérim en 1833, succédant au président Farias, mais ses mesures anti-cléricales et contre certaines classes privilégiées du pays déclenchèrent des révoltes. Il quitta le pouvoir en juin 1833 pour rejoindre l'armée pour parer à la menace que faisait peser les révoltés texans sur la souveraineté du Mexique sur la province du Texas. en 1836 à la tête de 6000 hommes il entreprend de reconquérir les territoires perdus aux insurgés. Il se heurte à l'avant-poste de Fort Alamo le 23 février et après un siège de 13 jours il écrase les révoltés mais perd presque 600 hommes et ne réussit pas à capturer les leaders texans. Il se lance maladroitement à la poursuite de l'armée texane, divisant ses forces et épuisant ses hommes. Le 22 avril 1836 à San Jacinto sa petite armée est écrasée en 18 minutes par l'armée texane de Sam Houston et il est forcé de conclure un traité accordant l'indépendance au Texas. Ce traité ne sera pas reconnu par le gouvernement mexicain et Santa Anna fut désavoué.


Revenu à Vera Cruz il est une nouvelle fois appelé à combattre, cette fois contre les Français qui sont intervenus pour une banale histoire de recouvrement de dettes. La "guerre des pâtisseries" montrera aux Mexicains leur vulnérabilité face à une flotte de guerre. Mais les quelques combats qui tournèrent à l'avantage des Français, permirent à Santa Anna de passer une nouvelle fois pour un héros, mais un héros diminué car il perdit une jambe dans la bataille. Encore une fois il se hissa à la place de président et encore une fois il mit en place des mesures très impopulaires, des taxes qui touchaient toutes les classes sociales déclenchant un mouvement de révolte, des régions refusant de répondre aux ordres du gouvernement et allant même jusqu’à se déclarer indépendantes. Santa Anna dut encore une fois abandonner le pouvoir et s'enfuir. Mal lui en pris car il fut capturé par des indigènes cannibales de la régions de Xico et aurait subit un sort terrible s'il n'avait été sauvé par des soldats mexicains.


Puis ce fut la guerre avec les États-Unis. Santa Anna, réfugié à cuba, négocia avec les représentants du gouvernement américain pour revenir au Mexique en promettant d’accéder à leur demande sur le Nouveau-Mexique et la Californie une fois en place dans le siège du président. Avec un sauf conduit, il traversa le blocus naval américain et s'empara une nouvelle fois du pouvoir. Mais une fois en place il ne tint aucune des promesses qu'il avait faites aux Américains et les combattit farouchement mais sans jamais pouvoir les vaincre. Avant la défaite finale de son pays il s’exila en Colombie avant d'être rappelé au Mexique pour exercer une nouvelle fois la fonction de président.
Encore une fois il se montra incapable de gérer le pays autrement qu'en entretenant une atmosphère de corruption pour s'assurer la loyauté des hommes d'influence. Il s’enrichit aux dépens de l'état, cédant une portion supplémentaire du Mexique aux Américains et versa dans le délire en se faisant nommer président à vie avec le titre pompeux d'Altesse sérénissime. En 1855 il doit s'exiler une dernière fois devant le mécontentement général. Il part en Colombie et tous ses biens au Mexique sont confisqués et vendus après un jugement par contumace où sa corruption éclate au grand jour. En 1874 une loi d'amnistie lui permet de rentrer au Mexique et il y meurt en 1876 dans un état de pauvreté patent.

Ainsi s'acheva la carrière du Napoléon de l'Ouest. Militaire infatigable il a participé, souvent en première ligne, à un grand nombre de combats. Aimant un peu trop la pompe et la grandiloquence il restera dans l'histoire comme un dictateur général caricatural. Mais il ne faut pas oublier qu'il fut à maintes reprises le glaive de la lutte pour l'indépendance puis la sauvegarde de la souveraineté mexicaine, un patriote plus haï qu'aimé mais qui a indéniablement marqué l'histoire de son pays.

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Le général Winfield Scott

Publié le par Olivier Millet

Le général Winfield Scott

Winfield Scott fut sans conteste une des plus grandes figures militaires américaines du 19ème siècle. Héros de la guerre de 1812, il devint par ses succès dans la campagne du Mexique une nouvelle icône dont la renommée a failli lui ouvrir les portes de Washington.

Né en Virginie, comme de nombreuses grandes figures américaines, de Washington à R.Lee, W.Scott étudia le droit et commença une carrière d'avocat avant de rejoindre l'armée peu avant la guerre de 1812.

En 1808 il est affecté dans l'artillerie et devient capitaine dans le prestigieux régiment de la light artillery, régiment d'artillerie à cheval, unique dans l'armée américaine. Malheureusement le caractère irascible de Scott va très tôt se manifester et ce dernier va s'accrocher avec son supérieur le général Wilkinson ce qui va compromettre un temps sa carrière. Il passe en cours martiale pour insubordination et rejoint en 1811 l'état-major de Wade Hampton autrement plus capable que Wilkinson.

Nommé lieutenant-colonel, il reste dans l'artillerie et commande en second le 2nd US artillery regiment. Il participe activement à la bataille de Queenston Height où il est fait prisonnier. Il fait connaissance avec l'arrogance britannique qui condamne à mort 13 autres prisonniers d'origine irlandaise et considérés comme des traîtres par les Anglais. Scott, révolté par cet acte de barbarie voudra se venger dès qu'il en aura l'occasion. Echangé contre d'autres prisonniers il est relâché mais une fois revenu à Washington il exige des mesures de représailles sur des prisonniers anglais. Mesure qui ira jusqu'au vote du sénat mais sera refusée par le président Madison. On pourra apprécier combien il aura changé d'avis une fois que ses troupes à Mexico auront capturé des soldats du bataillon San Patricio ; il se montrera sans pitié et exécutera à son tour des prisonniers irlandais, un terrible et cynique rebondissement de l'histoire.

Nommé Colonel, il planifie l'attaque sur Fort George en 1813 et, enfin, il est nommé général de brigade en 1814 à 27 ans. Il va dès lors faire entrer l'armée américaine dans une de ses périodes les plus glorieuses. Durant la campagne du Niagara, en 1814, il va entraîner quotidiennement sa brigade selon un règlement français et la mener contre les Anglais à la bataille de Chippawa le 5 juillet 1814. La brigade de Scott, telle qu'elle est entrée dans la légende, habillée de gris, va balayer les vétérans anglais et faire de Scott un héros militaire. La suite de la campagne se passe moins bien et Scott est blessé lors de la bataille de Lundy'Lane.

Nommé au grade de Major général, pour son comportement à Lundy 'Lane, Scott est trop grièvement blessé pour continuer dans le service actif. De par son entraînement et ses résultats spectaculaires, il est nommé responsable de l'entraînement de l'armée après la guerre. Il effectue plusieurs visites en France où l'art militaire, hérité de Napoléon va continuer à avoir une grande influence sur lui. Il reprend du service lors de la guerre contre les tribus Séminoles et commande les forces américaines en 1836 lors de ce conflit. Il est chargé de régler le problème Cherokee en 1838 et par des moyens abusivement violents, il force la nation Cherokee de Géorgie à emprunter la piste des larmes au prix de 4000 morts indiens.

En 1840 après avoir désamorcé la crise canadienne connue sous le nom de guerre Aroostook, Scott écrit un livret de règlement et de manœuvre militaire qui devient l'exercice standard de l'armée américaine. En 1841 en tant qu'officier général le plus ancien il prend le commandement de l'armée des États-Unis.

La guerre avec le Mexique éclate et Scott prend le commandement direct de l'armée du Sud pendant que Zachary Taylor prend celui de l'armée du Nord. Il laisse la vedette au général Taylor qui, en trois batailles, écrase les Mexicains mais s'attire les foudres de Washington lorsqu’il négocie avec eux après la bataille de Monterrey. Polk ulcéré par l'abus de pouvoir dont a fait preuve Taylor décide de tout miser sur Scott quant à la poursuite des opérations et relègue Taylor à un rôle subalterne d'appui. Scott prend donc le commandement de la force principale américaine qui doit prendre Mexico.

Son plan est simple, il va débarquer à Vera Cruz et emprunter la route la plus directe vers Mexico. Vera Cruz deviendrait sa base opérationnelle arrière. Le débarquement, premier du genre pour l'US Army est un succès et la plus grande armée américaine jamais rassemblée, 12000 hommes, prend la route de la capitale Mexicaine.

Scott va multiplier les batailles contre Santa Anna et faire une manœuvre brillante à Cero Gordo. Il contourne l'armée ennemie et la prend à revers puis l'écrase. Cette manœuvre, modèle du genre sur ce théâtre, démontre les capacités tactiques de W Scott surtout en comparaison des attaques frontales de Taylor. Arrivé à Mexico, il effectue encore un habile contournement par le sud trompant Santa Anna et l'obligeant à se repositionner en catastrophe. Les batailles de Contreras et Churubusco sont des succès coûteux en hommes mais permettent à Scott de s'établir solidement en vue de l'assaut final. Berné par Santa Anna qui négocie afin de gagner du temps, il décide d'attaquer le point le plus fortifié de la ville contre l'avis de son état-major, inquiet des pertes que cela coûterait à l'armée. Scott attaque Molino Del Rey et enfin la forteresse de Chapultepec et parvient à entrer dans la ville. Les Halles de Montezuma tombent au pouvoir des Américains. C'est lors de cette dernière attaque que seront pendus une partie des déserteurs irlandais du San Patricio, entachant à jamais la réputation de Scott. Heureusement une fois la paix revenue il se démarquera comme un bon gestionnaire de la ville de Mexico le temps de l'occupation américaine. Vaniteux, irascible Scott cumulait les défauts de comportement ce qui lui vaudra beaucoup d'ennemis tant militaires que civils et particulièrement le président Polk inquiet pour les élection de 1848. Ce dernier savait combien les généraux victorieux sont de dangereux adversaires lors des élections présidentielles.

Sa victoire au Mexique lui vaudra un compliment de Wellington qui dira de lui qu'il était le plus grand général vivant de son temps. La vie politique de Scott minée par les querelles au sein du parti Whigs ne lui permit pas d'accéder à la plus haute fonction de l'état car Taylor lui ravit la place en 1848 et en 1852 il fut difficilement investi candidat pour le parti Whigs, ses positions contre l'esclavage lui valurent l’hostilité des membres des états du sud et la défaite à l'élection de 1852.

Par décision du Congrès en 1855, Scott fut nommé au rang de lieutenant général ce qui fit de lui le seul officier après Washington, lui-même, à porter ce titre. A 74 ans le vieux général n'en avait pas fini, la guerre de Sécession éclata et Scott demeurait le général en chef des armées de l'Union. Malade et se déplaçant difficilement, il planifia le plan Anaconda qui visait à asphyxier le Sud mais laissa le commandement au général Mc clellan. Après la victoire du Nord, Scott mourra le 29 mai 1866 à West Point.

Surnommé "Old Fuss and Feathers" "vieux décorum emplumé" par ses hommes au Mexique, le général Winfield Scott demeure l'un des très rares généraux à avoir participé à trois guerres majeures durant 53 ans de service. A la fois tacticien, stratège, il a écrit avec ses hommes quelques-unes des plus glorieuses pages de l'histoire de l'armée américaine. Son caractère fit qu'il n'était pas spécialement apprécié de ses hommes à la différence du général Taylor ou surtout de Robert Lee, mais il fait partie des plus grands généraux que l'armée américaine ait connus dans son histoire et son talent fut reconnu de son vivant par ses amis comme par ses ennemis.

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