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Le régiment des voltigeurs et riflemen à pied dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Le régiment des voltigeurs et riflemen à pied dans la guerre du Mexique

Autorisé en 1847 par le congrès, le régiment des voltigeurs et riflemen fut créé pour renforcer le corps expéditionnaire américain en lui apportant une unité d'infanterie légère régulière.

Le terme voltigeur fait référence aux soldats de Napoléon 1er qui opéraient en ordre dispersé (formation en tirailleur) dans les régiments d'infanterie de ligne et légers. L'influence française était grande en Amérique, de West Point à Mexico ; les exploits de la "grande armée" de Napoléon avaient fait école et les références à cette armée d'élite du début du siècle étaient nombreuses, visibles sur les uniformes mexicains et dans l'enseignement tactique prodigué à West Point.

Le régiment de voltigeurs et riflemen devait donc opérer en tirailleur pour harceler la ligne ennemie tout en protégeant la ligne amie, ses flancs, ou en reconnaissance.

L’effectif du régiment était identique à celui des autres régiments d'infanterie réguliers, soit 10 compagnies de 80 hommes chacune. Les hommes provenaient principalement de 6 états différents, 3 compagnies provenaient du Maryland, 2 de Virginie, 2 autres de Pennsylvanie, 1 du Mississippi, 1 du Kentucky et 1 de Géorgie.
Les différentes compagnies commencèrent à rejoindre les troupes sur le front Nord mexicain afin d'y recevoir le reste de leur équipement et leur armement. Les hommes du régiment devaient être équipés du fusil à percussion à canon rayé Modèle 1841 le "Windsor" ou "jager" Rifle au lieu du traditionnel mousquet 1842 ou 1835, mais ce ne fut pas toujours le cas. Dans les faits, le régiment opéra avec une certaine diversité de fusils et mousquets . Autre particularité, le régiment fut renforcé par une batterie d'artillerie plus précisément une batterie d'obusiers de montagne et de roquettes. Les obusiers étaient des modèles 1835 en bronze de 12 livres au nombre de 6, les roquettes étaient les modèles de William Hale. Utilisées à titre expérimental, elle furent tirées au combat à maintes reprises particulièrement à Vera Cruz lors du siège de 1847.


Arrivé à Puebla, le régiment s'entraîna en vue des futures opérations contre Mexico. Le 7 août 1847 le régiment partit avec le reste de l'armée dans sa marche contre la capitale mexicaine.
Le premier engagement intervint le 19 août à Contreras, où les voltigeurs et leur batterie obtinrent de bons résultats, mais les obusiers souffrirent particulièrement des tirs ennemis. Les roquettes quant à elles furent largement utilisées, plus d'une centaine en un seul engagement. Le lendemain les voltigeurs participèrent à l'attaque américaine sur Churubusco et subirent des pertes légères (8 hommes) mais les artilleurs avaient payé un plus lourd tribut dans leur engagement de la veille contre l'artillerie mexicaine ( 15 pertes ).
Le 7 septembre à Molino del Rey, ce fut au tour des voltigeurs de subir de lourdes pertes, après avoir repoussé les attaques de la cavalerie mexicaine. Sur les 341 hommes engagés, 102 furent tués, blessés ou portés disparus.


Le 13 septembre, devant les murs de la forteresse de Chapultepec, les voltigeurs reçurent le droit de mener l'attaque après la préparation d'artillerie. Les voltigeurs néanmoins restèrent dans leur formation de tirailleurs abattant les défenseurs sur les remparts mais ne montrèrent pas un grand enthousiasme à s'élancer dans une charge à découvert. La position fut capturée de vive force mais les voltigeurs avaient souffert de 52 tués et blessés. La batterie d'artillerie avait également pris part au combat pour des pertes légères. Avec la prise de la ville, les voltigeurs furent assignés aux missions de garnison ou d'escorte de convois.

Le régiment fut dissout le 25 août 1848, l'expérience acquise par le régiment fut mitigée. Les roquettes avaient prouvé leur efficacité contre des formations à cheval mais avaient montré leur cruel manque de précision. Les voltigeurs ne furent pas recrutés pour l'armée régulière en temps de paix, le combat d'infanterie légère ne devait pas appartenir à une unité spécifique hormis les cas particuliers comme les "Berdans sharpshooters" durant la guerre civile. La plupart des régiments d'infanterie de ligne adoptèrent des formations mixtes où chaque soldat devait être capable de combattre comme un tirailleur rendant inutile une unité spécifique de combattants légers, à l'exception des tireurs d'élite.

Néanmoins, le fusil rayé à percussion prouva sa redoutable efficacité tant dans la mise à feu que dans la précision du tir, faisant des voltigeurs qui en étaient équipés, de véritables "sniper", particulièrement utiles en combat urbain.

Pourtant les tactiques linéaires employées durant la guerre de sécession, suicidaires face à des armes rayées, ne disparurent pas, loin de là et furent une des causes des hécatombes des batailles de la guerre civile.

Les hommes du régiment, à la fin de la guerre, reçurent comme promis lors de leur engagement, 100 dollars et 160 acres de terre pour s'installer et peupler les nouvelles zones conquises.

A gauche un soldat d'infanterie en uniforme bleu clair et à droite un voltigeur dans la tenue grise, les voltigeurs ne portèrent jamais ces tenues qui furent perdues en mer

A gauche un soldat d'infanterie en uniforme bleu clair et à droite un voltigeur dans la tenue grise, les voltigeurs ne portèrent jamais ces tenues qui furent perdues en mer

L'uniforme:
Considéré comme une élite, le régiment aurait dû être habillé avec un uniforme particulier. La tenue devait être de même coupe que l'infanterie mais de couleur grise, les uniformes existant encore aujourd'hui montrent une tenue gris clair avec parement jaune clair mais qui étaient peut être blanc à l'origine. Le pantalon gris aussi avait une bande jaune et gris foncé pour le tenue hiver.

La casquette de l'infanterie M1839, bleu foncé, était également prévue, mais le chargement de ces nouvelles tenues n'arriva pas jusqu'au régiment car il fut perdu en mer lors de la traversée. Début janvier 1848, la nouvelle tenue grise n'était toujours pas parvenue aux troupes qui en attendant ont porté l'uniforme de l'infanterie classique. Il est fort possible qu'une tenue bleue particulière ait été donnée au régiment par la suite peut-être un uniforme bleu foncé comme celui des fusiliers montés mais sans lacets jaunes. A ce jour on ignore l'uniforme réel qui fut porté par le régiment vers la fin de la guerre sur le terrain mexicain.

Cet uniforme de voltigeur conservé au Smithonian de Whasington, s'il est bien l'uniforme prévu pour le régiment, il ne fut jamais porté par celui-ci.

Cet uniforme de voltigeur conservé au Smithonian de Whasington, s'il est bien l'uniforme prévu pour le régiment, il ne fut jamais porté par celui-ci.

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