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L'opération sur Vera Cruz 9 - 29 mars 1847

Publié par Olivier Millet

Les récentes victoires de l'armée de Taylor en 1846 n'ont pas réussi à faire fléchir la volonté du gouvernement mexicain. L'état-major américain envisageait d'ouvrir un second front pour une attaque directe sur la capitale mexicaine afin d’accélérer la fin de la guerre.

Le général qui fut choisi pour commander cette opération fut Winfield Scott, le héros de la guerre de 1812 qui avait victorieusement mené une brigade contre les Anglais en 1814 à Chippawa. Taylor de son côté était tombé en disgrâce après l'armistice qu'il avait conclu à Monterrey laissant une partie de l'armée mexicaine du général Ampudia repartir avec ses armes.

Scott dut rassembler une force importante de 12000 hommes répartis en 3 divisions et comportant des réguliers et des volontaires. L'objectif choisi pour l'attaque fut la ville côtière de Vera Cruz située à plus de 400 km de Mexico. Pour l'occasion Scott fit construire des bateaux de débarquement spécialement adaptés pour cette opération. La ville de Vera Cruz constituait la route la plus directe pour s'emparer ensuite de Mexico mais elle était également considérée comme la plus puissante forteresse côtière d’Amérique avec sa garnison de 4400 hommes, ses 220 canons et ses trois importants forts, les Forts Santiago, San Juan de Lulia et Conception. Le Fort San Juan de Lulia était d'ailleurs considéré comme le "Gibraltar d’Amérique" avec ses 135 canons.

Néanmoins le débarquement serait facilité par l'absence de marine mexicaine qui pourrait s'opposer à l'escadre américaine de Perry chargé de transporter le corps expéditionnaire. Le lieu de débarquement choisi était situé à 5 km au sud de Vera Cruz à Collado Beach.

Le 9 mars 1847 à 15h00, la première division du général Worth mit pied à terre, 10 heures plus tard, l'armée de Scott en entier avait débarqué sans perdre un seul homme. Cette opération était le premier débarquement de l'histoire de l'US Army et elle fut une réussite totale ; il est vrai que les troupes américaines ont débarqué sans rencontrer la moindre opposition. Sitôt à terre, la troisième division de volontaires du général Patterson fit mouvement vers l'ouest pour envelopper la ville et commencer son siège. Durant ce mouvement les troupes américaines repoussèrent des tentatives de cavaliers mexicains qui voulaient protéger l’approvisionnement en eau de la ville que les troupes de Patterson coupèrent dans leur mouvement. 3 jours plus tard l'enveloppement était terminé, les américains avaient étendu leur ligne sur 11 km autour de la ville depuis le point de débarquement à Collado Beach jusqu’à Playa Vergara dans le nord. Vera Cruz était coupée de tout lien extérieur de la mer comme de la terre, un siège de 17 jours commençait.

les positions d'artillerie américaines à Vera Cruz comportaient de nombreux mortiers

les positions d'artillerie américaines à Vera Cruz comportaient de nombreux mortiers

Le siège se mettait doucement en place, Scott devait installer ses batteries tout autour de la ville pour affaiblir les fortifications et créer des brèches dans les murs, mais il dut faire face dans un premier temps à des difficultés météorologiques et les attaques de la guérilla mexicaine. Une tempête permit aux troupes mexicaines isolées à Alvarado sous le commandement du colonel Juan Aguayo de rejoindre la ville de Vera Cruz. Le 18 mars les canons américains arrivèrent et furent mis en place dans des batteries, la flotte américaine dut en partie repartir vers Norfolk pour effectuer des réparations mais le Commodore Perry laissa un détachement de marins et des canons pour renforcer l'artillerie de siège. Bien que certains officiers américains aient tenter de convaincre Scott qu'un seul assaut frontale pouvait permettre la prise de la ville, Scott insista pour que le siège soit le moins couteux en hommes possible. Le véritable but de l'opération n'étant pas de s'emparer de Vera Cruz mais de faire tomber la capitale, Scott ne voulait pas entamer une marche exténuante vers la capitale avec une armée diminuée par un siège couteux. Plusieurs batteries furent donc installées autour de la ville, la numéro quatre comportait 4 pièces de 24 livres et deux obusiers de 8 pouces, la numéro 5 avait 3 canons de marines de 32 livres et 3 obusiers de 8 pouces, les batteries 1 à 3 comportaient des mortiers de 10 pouces (le plus lourd de l'arsenal américain).

sur 11 km les américains entourèrent la ville et la bombardèrent avec plusieurs batterie dès le 22 mars

sur 11 km les américains entourèrent la ville et la bombardèrent avec plusieurs batterie dès le 22 mars

Les bombardements commencent par mettre le fort Santiago en difficulté, notamment grâce à l'utilisation de roquettes, idéales dans ce contexte. Les mexicains et leur nombreux canons peuvent répondre au feu américain et infligent des pertes mais les mortiers lourds américains font de gros dégâts et réduise peu à peu les postes de tirs ennemis.

De son côté le général Santa Anna, au courant de la situation, a envoyé des troupes secourir la ville, mais ces dernières trop faibles en nombre sont repoussés par un détachement mené par le général Patterson. Vera Cruz demeure isolée et subit le 25 mars un bombardement d'autant plus intense que de nouvelles pièces de siège sont arrivées.

Ayant déjà refusé de se rendre le 22 mars, les Mexicains finissent par demander une trêve aux Américains qui au bout de trois jours de négociations aboutit à la reddition de la cité le 29 mars 1847.

Le premier objectif de Scott est remplit au prix de 80 tués et blessés pour moins de 300 mexicains tués ou blessés (dont une centaine de civils). Vera Cruz allait désormais servir de base de ravitaillement pour les forces d'invasion américaines. Après avoir laissée une petite garnison sur place, l'armée de Scott se met en marche vers son prochain objectif, la ville de Xalapa. Santa Anna cette fois ne va pas le laisser faire et mobilise une part importante de ses forces qu'il va jeter contre les américains, il espèrent que les pertes qu'il leur infligera, la fièvre jaune qui se répand dans les rangs américains et les dures conditions désertiques qui règnent jusqu’à Mexico auront raison du corps expéditionnaire américain.