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L'infanterie de ligne mexicaine en 1846 (1)

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie de ligne mexicaine en 1846 (1)

L'infanterie de ligne de l'armée Mexicaine, au début de l'année 1846, aligne 12 régiments d'infanterie de ligne.

Chaque régiment comprend 2 bataillons de 8 compagnies chacun. Un colonel commande le régiment ; il peut s'appuyer sur un état major comprenant un lieutenant-colonel, un commandant, deux seconds-adjudants, deux lieutenants, deux enseignes sous-lieutenants, deux chirurgiens, deux aumôniers, un tambour-major et un cornet-caporal, deux armuriers et deux caporaux sapeurs avec 16 sapeurs. Il y avait également un second sergent fourrier et un caporal officiant comme forgeron.

Chaque bataillon possédait six compagnies du centre, une compagnie de grenadier et une compagnie de rifle. Chaque compagnie comprenait un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un premier et un second sergent, 9 caporaux et 80 soldats et un tambour. La compagnie de rifle comprenait 4 cornets en plus mais pas de tambours.

Les hommes des compagnies du centre et la compagnie de grenadier étaient armés d'un mousquet Brown Bess indian pattern ou Long Land pattern ( http://history-uniforms.over-blog.com/article-le-mousquet-brown-bess-dans-la-guerre-de-1812-97039609.html )

les rifles étaient armés de la carabine Baker ( voir http://history-uniforms.over-blog.com/article-la-carabine-baker-95884260.htmlhttp:// ) qui avait fait ses preuves 35 ans plus tôt.

Les hommes portaient également un sabre baïonnette copié sur le principe du sabre briquet des soldats français. Les officiers étaient armés uniquement d'un sabre de facture et d'inspiration variable en fonction du goût de son propriétaire. Chaque bataillon emportait un drapeau national tricolore ( vert "l'espoir", blanc "l'unité" et rouge "le sang des héros" ) avec en son centre un aigle mexicain " caracara" tenant dans son bec un serpent ; des devises comprenant le nom du régiment était situées dessous, et au-dessus de l'aigle la devise "republica mexicana".

Le règlement concernant l'uniforme datait de 1839 avec un correctif établi en 1840 puis 1842. La couleur de chaque régiment variait mais à l'exception du 11éme régiment tous les hommes portaient une veste coupée à la mode française "habit veste" avec basque et retroussis, bleu turquin (une variante de bleu foncé ) et un pantalon de la même couleur, les unités avaient un schéma de couleurs particulier comme suit :

1er régiment : veste bleu turquin (bleu gris foncé) revers de poitrine et passepoils jaunes, col, manches et retroussis rouges.

2ème régiment : veste bleu turquin, revers de poitrine, manches, passepoils et retroussis rouge profond, col bleu ciel,

3ème régiment : veste bleu turquin, revers de poitrine, manches et retroussis cramoisis, col et passepoils bleu ciel.

4ème régiment : veste bleu turquin, revers et retroussis rouge profond, col et manche bleu ciel, passepoils blancs

5ème régiment: veste bleu turquin, col et retroussis rouges profonds, manches et passepoils bleu ciel

6ème régiment : veste bleu turquin, revers blanc, col, retroussis et manches cramoisis

7ème régiment : veste bleu turquin, pas de revers mais encoches de boutons brodées en jaune, col et manche verts, retroussis cramoisis

8ème régiment: veste bleu turquin, revers et retroussis bleu ciel, col, manches et passepoils rouge profond

9ème régiment: veste bleu turquin, manches et revers pourpres, col et retroussis chamois

10ème régiment: veste bleu turquin, manche et revers pourpres, col et retroussis rouge profond, passepoils chamois

11ème régiment: veste blanche, revers, col et manches bleu ciel, retroussis et passepoils rouge profond

12ème régiment: : veste bleu turquin, revers, manches et col chamois, retroussis et passepoils rouge profond

Durant l'été les troupes portaient un pantalon de lin blanc, dans les régions les plus chaudes les unités étaient autorisées à combattre en tenue de campagne entièrement blanche mais la plupart du temps les hommes combattaient dans la tenue réglementaire bleu turquin. Les shakos étaient de style et de formes différents, certains cylindriques de forme tronconique , d'autres d'inspiration française ou encore des bonnets de police, des casquettes américaines ou même des képis français. La compagnie de rifle de chaque régiment semble avoir apprécié la casquette d'inspiration américaine comme représenté sur la planche. Pour différencier les compagnies de grenadier et de rifle les légers avaient un plumet vert et des lacets "sardinetta" sur les manches, les grenadiers n'avaient que le lacet sur la manche. Deux lacets par manche signifiaient une troupe d'élite comme les grenadiers de la garde des pouvoirs suprêmes par exemple.

Cette infanterie valeureuse était particulièrement adaptée à son environnement, les hommes d'extraction paysanne savaient comment supporter le climat rude du désert. Mais les officiers issus de l'élite du pays les traitaient mal et élargissaient le fossé social qui existait et que l'on retrouvait dans tout le pays entre grands propriétaires terriens et ouvriers agricoles. La confiance entre cadres et troupes s'en ressentait ; de plus les officiers supérieurs étaient mal formés et trop souvent incapables.

La logistique de l'armée mexicaine était plus que déficiente et les hommes étaient mal payés, mal nourris mal équipés. L'armement de l'infanterie était dépassé, les mousquets et carabine avaient plus de 30 ans d'âge et étaient capricieux. La poudre pour ces armes étant de mauvaise qualité la portée s'en trouvait amoindrie. Pour tenter de contrer cette baisse de qualité, les soldats augmentaient la dose de poudre dans le canon avec des conséquences parfois néfastes pour le tireur mais surtout une mauvaise visée.

Trop de déficiences et de carences intrinsèques à cette armée mexicaine ont dès le début de la guerre fortement hypothéqué ses chances de victoires contre un adversaire qui disposait de bien plus de moyens et de ressources. La vraie arme du soldat mexicain fut son courage et sa résistance pour la défense de son pays ce qui explique les nombreux sacrifices dont l'infanterie mexicaine fera preuve à de nombreuses occasions.

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