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L'infanterie américaine de la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

L'infanterie américaine en tenue de campagne pendant la guerre du Mexique

L'infanterie américaine en tenue de campagne pendant la guerre du Mexique

Les États-Unis, nation fédérale, avaient pris pour habitude de posséder une armée relativement réduite au regard de la taille du pays et de la population. La méfiance envers une armée professionnelle, susceptible de menacer la souveraineté des états en donnant trop de pouvoir au gouvernement fédéral, était suffisante pour la maintenir à un effectif aussi modeste. Les volontaires et la milice devraient pallier en temps de guerre les déficiences numériques de l'armée de métier. La guerre de 1812 avait pourtant déjà démontré qu'un tel modèle d'organisation militaire risquait de mener le pays droit dans le mur si une menace majeure survenait. Les lois trop restrictives de la milice d'état l'empêchaient d'être une arme offensive efficace.

L'armée régulière américaine comprenait 730 officiers et 7888 hommes en avril 1846, théoriquement du moins, on estime à 6500, le nombre d'hommes réellement sous les armes. A la déclaration de la guerre, le 13 mai 1846, les compagnies d'infanterie furent augmentées jusqu’à 100 soldats, alors que 50 était la norme. Pour attirer les volontaires, la paye passa à 7 dollars mensuel et 160 acres de terres à la fin de leur contrat. Cette mesure attira un grand nombre d'immigrants ; jusqu’à 47 % de l'armée de Taylor était composée d'immigrants (irlandais et allemands principalement).

Le contingent américain qui prit part à la guerre du Mexique comprenait en 1846 8 régiments d'infanterie. Cet effectif fut augmenté à 16 régiments le 11 février 1847

Chaque régiment comportait 10 compagnies dont deux de flancs (grenadier et légers). Il était commandé par un colonel aidé d'un lieutenant-colonel, un major, un adjudant, un sergent-quartier maître, un lieutenant et deux tambours majors constituaient son état-major administratif.

Chaque compagnie était commandée par un capitaine secondé par un lieutenant et comprenait deux seconds-lieutenants, 4 sergents, 4 caporaux, 2 musiciens et 100 soldats. (d'après infantry tactics de W Scott). Depuis la brigade de Scott en 1814, une section de pionniers fut attachée à chaque régiment ; cette section prélevait un homme par compagnie et était commandée par un caporal.

Le médecin chirurgien du régiment était soit du corps médical soit un médecin civil engagé sous contrat.

L'armement du soldat d'infanterie était la plupart du temps un mousquet à canon lisse et à platine à silex. Les modèles existant étaient les Springfield M1816, M1822, M1835 d'un calibre 0.69 à platine à silex, ils furent peu à peu remplacés par le nouveau mousquet M1842 à système à percussion. Certaines unités furent équipées de fusils à canon rayé M1841 comme les voltigeurs.

L'uniforme du soldat dans la grande tenue de parade était constitué d'une tunique bleu sombre dont le col et les manches étaient surlignés de blanc. Cette veste se fermait par une rangée unique de boutons centraux couleur métal, les manches étaient équipées d'un revers droit à deux boutons et lacets blancs. Le pantalon était bleu clair et porté par-dessus les chaussures. Le shako était tronconique doublé d'une ganse de cuir noire à son sommet avec un plumet blanc ; il était orné d'une plaque en forme de cor de chasse avec le numéro du régiment en son centre et surmontée d'un aigle américain couleur or. Une telle tenue ne fut pas portée au combat et les soldats d'infanterie partirent avec la tenue dit "fatigue dress" de couleur entièrement bleu clair et ne possédait aucun ornement à l'exception du col qui avait un lacet double blanc et était surligné de blanc. Les pattes d'épaule étaient bleu clair surlignées de blanc, la tunique se fermait par une rangée simple de 9 boutons centraux. Les baudriers étaient blancs en cuir de buffle et portaient la giberne M1839 et la baïonnette. Une version 1841 de la baïonnette permit, au moyen d'un attache ceinture, de se passer d'un des baudriers. Le baudrier porte giberne avait une plaque ronde en cuivre avec un aigle américain gravé. Une ceinture de cuir blanc était venue se rajouter, elle était doublée d'une écharpe rouge pour les sous-officiers et officiers. Le shako était remplacé par une casquette souple à visière et jugulaire, de couleur bleu foncé. La gourde était en métal ou en bois de couleur bleue, le soldat portait également une musette blanche. Un imperméable ou manteau bleu était porté par temps froid ou pluvieux.

Les sous-officiers avaient les grades suivants : caporal (deux chevrons blancs), sergent (trois chevrons blancs), premier sergent (trois chevrons blancs et un diamant blanc), sergent quartier-maître (trois chevrons blancs reliés entre eux au-dessous par trois bandes blanches), sergent major (trois chevrons blancs reliés au-dessous par trois bandes blanches courbes). Les sous-officiers portaient l'épée droite et l'écharpe rouge cramoisie, la casquette était du modèle des officiers, les caporaux ne portaient que les chevrons blancs. Dans la grande tenue des épaulettes étaient portées à la place des chevrons, le sergent major portait la même tenue qu'un sous-lieutenant et un plumet plus grand, les manches des sous-officiers, comme des officiers, possédaient deux, trois ou quatre lacets en fonction du grade blancs ou argentés.

Les officiers en campagne portaient une tunique bleu sombre qui arrivait au-dessus des genoux avec une rangée centrale de 8 ou 9 boutons couleur argent. Vers la fin 1847 une tunique à deux rangées de boutons fut autorisée pour les officiers. Le baudrier de cuir blanc de 2 pouces de large était pourvu d'une plaque rectangulaire argent M1839 représentant un aigle. Les marques de grades sont perpendiculaires aux pattes d'épaules traditionnelles et permettaient de voir le grade aussi bien devant que derrière. Une écharpe de soie rouge était portée sous la ceinture de cuir blanc à laquelle était attachée l'épée. La casquette M1839 était bleu sombre avec visière droite ou courbe.

La grande tenue, réservée aux défilés, les grades en chevrons n'étaient portés que sur la tenue de campagne ou "fatigue dress"

La grande tenue, réservée aux défilés, les grades en chevrons n'étaient portés que sur la tenue de campagne ou "fatigue dress"

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