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L'artillerie de ligne mexicaine

Publié le par Olivier Millet

L'artillerie de ligne mexicaine

L'arme la plus professionnelle de l'armée était, en règle générale, l'artillerie. Elle nécessitait des officiers et des hommes parfaitement formés pour délivrer des feux précis, ajuster correctement une mèche d'obus explosif, estimer une distance...

Pour l'artillerie mexicaine, la plupart des officiers artilleurs provenaient de divers horizons. Les plus anciens étaient des vétérans des guerres européennes et n'étaient pas natifs du Mexique, les plus jeunes sortaient de l’académie militaire de Mexico à Chapultepec.

Comme l'infanterie, l'artillerie mexicaine possédait un armement ancien et d'origine diverse. La plupart des canons étaient basés sur le système français Gribeauval avec ses doubles flasques typiques mais dont le poids important limitait la mobilité. Son opposante américaine bénéficiait du système à remorque mis au point par les Britanniques et qui augmentait sensiblement les capacités de déplacement des pièces tout en facilitant leur déploiement. Un autre handicap de l'artillerie mexicaine était la qualité de la poudre noire produite localement. Cette dernière était inférieure à celle employée par les Américains et à quantité égale, les capacités des armes mexicaines étaient amoindries par sa mauvaise combustion. La conséquence était que les projectiles envoyés par les canons mexicains tombaient plus court que ceux de leurs adversaires. Augmenter la quantité de poudre offrait l'avantage de rattraper ce retard mais risquait de détruire la pièce. Les soldats d'infanterie qui avaient le même problème augmentaient la charge et tiraient trop haut du fait du recul important.

L'artillerie mexicaine ne bénéficiant pas d'une arme du train, il fallait faire appel à des contractuels civils pour déplacer les pièces et surtout fournir la logistique du parc d'artillerie avec les problèmes que cela sous-entendait.

Les calibres utilisés variaient du 3, 4, 6, 8 ou 12 livres et des obusiers de 7 pouces. Les projectiles utilisés étaient les mêmes que ceux des Américains :

- le boulet plein qui rebondissait sur le terrain et tuait ou mutilait les hommes qu'il frappait.

- le boulet explosif qui était un boulet creux contenant de la poudre et des balles et dont la mèche était allumée au moment du tir. Tout le talent de l'artilleur résidait dans la bonne estimation de la longueur de mèche afin que le boulet explose au-dessus et en avant de sa cible afin de l'arroser avec une pluie de balles.

- le "grapeshot" ou grappe de raisin était un projectile en toile contenant plusieurs étages de petits boulets appelés biscaïens lui donnant un aspect de grappe de raisin. La puissance de ce projectile était suffisante pour tuer plusieurs hommes sur une étendue plus large qu'un boulet classique. Cette arme était plus souvent utilisée en mer que pour le combat au sol.

On confond souvent ce projectile avec la boîte à mitraille qui était un cylindre métallique contenant des balles et dont le fonctionnement s'apparentait à une décharge de chevrotine. A la sortie du canon le cylindre explosait libérant une pluie de balles en gerbe conique. Ce projectile était celui qui tirait le moins loin mais son effet sur l'infanterie à courte portée était terriblement destructeur.

L'artillerie de l'armée régulière mexicaine au déclenchement du conflit comprenait 4 brigades dont une montée à cheval et 5 compagnies de garnison. Un bataillon de sapeurs était rattaché à l'artillerie.

L'artillerie mobile, à cheval, n'était pas aussi mobile que son homologue américaine ce qui était en grande partie dû au fait que le matériel d'artillerie mexicain était d'une conception plus lourde et que le système d'avant-train était du type à pivot central qui le désavantageait face à une artillerie dont les avant-trains sont équipés de crochets pour la remorque.

Présente durant tous les combats importants, l'artillerie mexicaine souffrait certes d'un manque de mobilité mais se comporta honorablement et malgré ses faiblesses intrinsèques, elle sut se faire respecter de ses adversaires qui eurent à subir son feu.

L'uniforme :

l'artilleur mexicain était habillé avec une tunique et un pantalon bleu foncé. Le col rouge était pourvu d'une grenade brodée avec le numéro de la brigade ou de la compagnie. Les manches, les passepoils et les retroussis étaient rouge cramoisi. Les revers de poitrine étaient noirs avec des boutons jaunes pourvus de lacets jaunes. Les contre-épaulettes et épaulettes étaient jaunes (or pour les officiers) et dépourvues de franges.

Les hommes portaient le shako tronconique avec une plaque particulière à l'artillerie (voir planche). Les officiers portaient une tunique bleue sans revers de poitrine ou le manteau bleu foncé. Le shako des officiers était soit du même type que les hommes soit un képi d'origine française introduit en 1845. Les artilleurs à cheval portaient la même tenue avec quelques différences : ils avaient 3 demi-chevrons jaunes sur les avant-bras, le pantalon était du type de celui de la cavalerie.

un canon mexicain sur le site de la bataille de Palo alto, sa couleur et sa forme rapellent fortement les canons américains de la guerre de 1812. Le Mexique, ne possèdant pas d'arsenals pour fabriquer de telles pièces, utilisa des canons européens de provenances diverses mais souvent anciens

un canon mexicain sur le site de la bataille de Palo alto, sa couleur et sa forme rapellent fortement les canons américains de la guerre de 1812. Le Mexique, ne possèdant pas d'arsenals pour fabriquer de telles pièces, utilisa des canons européens de provenances diverses mais souvent anciens

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