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L'armée Mexicaine en 1846

Publié par Olivier Millet

L'armée Mexicaine en 1846

L'armée du Mexique souffrait depuis longtemps des maux propres à un pays politiquement instable et miné par des crises intérieures entre différentes classes sociales ou minorité. Au sortir de l'indépendance en 1821, le pays du faire face à des crises avec les amérindiens ou des agitations sociales, une intervention militaire française sur Vera Cruz, la guerre d'indépendance du Texas en 1836 et un regain de tension avec son puissant voisin du Nord : les États-Unis. L'armée était composée de deux éléments principaux : l'armée régulière permanente ou "Ejercito permanente" qui regroupait les troupes d'active soit environ 24500 hommes. Principalement composée de troupes à pied, elle possédait néanmoins des unités de cavalerie, dont beaucoup de "lanciers" et des unités d'artillerie au matériel désuet. Les officiers commandants étaient issus des meilleurs classes sociales du pays, souvent choisis par favoritisme plus que par leur talent militaire, ils se différenciaient énormément des hommes de troupes qui étaient recruté pour l'essentiel dans la classe paysanne pauvre. L'ambassadeur britannique à Mexico, dira des officiers mexicains qu'"ils sont parmi les plus mauvais qui soit, complètement ignorant de leur fonction". Les hommes étaient des volontaires qui servaient pour une période de 8 ans, ou bien des conscrits tirés au sort et devant servir pour une période de 10 ans. La paye des "soldados" leur permettait à peine à se nourrir et à s'habiller. un tel système était évidemment source de nombreuses désertions.

Avec l'armée régulière, le Mexique pouvait compter sur une réserve de 10500 miliciens les "activos" qui devaient épauler les troupes régulières en temps de crise et étaient commandés par des officiers de l'armée régulière. La valeur au combat de ces unités était de faible à très faible. Des milices civiles "civicos" pouvaient également être additionnées par les villes pour renforcer temporairement les forces locales. En 1845, le gouvernement souhaita la mise en place d' unités de gardes nationaux dans les temps de crises extrêmes. Ces volontaires devait pallier les déficiences des "activos". Mais les réticences de l'armée régulière, craignant pour sa suprématie, retardèrent cette mesure pourtant bénéfique et cette dernière était encore inachevée au déclenchement de la guerre.

En 1846 l'armée mexicaine alignait 24500 hommes répartis en 12 régiments d'infanterie a deux bataillons de 8 compagnies chacun, 9 bataillons indépendants dont un d'invalides, 4 bataillon d'infanterie légère, le bataillon des fils de Mexico et l'élite de la garde présidentielle : les grenadiers de la garde suprême des pouvoirs. La cavalerie comporte 11 régiments dont un de hussard de la garde. L'artillerie comporte 3 bataillons de 6 batteries de 6 pièces chacune, plus une brigade à cheval de 8 batteries et 3 compagnies d'artificiers et du train. La milice avait 3 régiments plus 5 bataillons et 8 compagnies indépendantes, la cavalerie de milice était représentée par des escadrons indépendants et les "presidios", équivalent mexicains des Texas Ranger. Les gardes côtes comportaient 13 bataillons supplémentaires ainsi qu'un bataillon en Californie

L'armée mexicaine était une armée pauvre dénuée de la plupart des éléments nécessaires au bon fonctionnement d'une armée en campagne. Les rations et les provisions étaient déficientes et fournies quand la logistique défaillante le permettait. L'armement individuel des soldats était ancien, le pays ne possédait pas de manufacture d'arme, il comptait entièrement sur l'importation d'armement étranger. Quand la guerre fut déclenchée, la marine américaine n'ayant pas d'opposant mexicain fit le blocus des ports et coupa la voie d’approvisionnement principale pour l'envoi d'armes du Mexique. Le fusil d'infanterie était encore le mousquet anglais Brown Bess d'un calibre 0.75, cette arme a âme lisse était imprécise au delà de 100 mètres et se chargeait par la bouche. Vieille de presque un siècle, elle fut utilisée sur tous les champs de bataille européens et américains mais en 1846 était singulièrement dépassée. Son système de mise à feu par silex était inefficace sous la pluie et avait de nombreux raté lors des tirs. Les pièces d'artillerie n'étaient pas mieux loties et provenait d'import européens, dispersées sur tout le territoire il s'agissait de canons en bronze à âme lisse a chargement par la bouche de 4, 6 8 et 12 livres notamment du système Gribeauval desservie par une poudre noire de mauvaise qualité qui faisait baisser ses performances de tir. pour pallier ce problème les artilleurs , comme les soldats, augmentaient la charge de poudre avec parfois des conséquences dramatiques pour le tireur.

cette poudre qui équipait artillerie et infanterie diminuait la portée des armes et aggravait la différence d'efficacité dans les combats avec les américains.
La cavalerie demeurait l'arme d'élite de l'armée mexicaine et avait prouvé sa valeur dans les combats du Texas ou contre la guérilla indienne, les cavaliers étaient armés de sabre, de la carabine et de la lance. La lance donnait un avantage contre la cavalerie ennemie au corps à corps et était l'arme de prédilection des cavaliers mexicains.
Malheureusement pour eux, toute charge menée contre une unité d'infanterie formée et armé de fusil récent était suicidaire limitant grandement leur emploi sur le champs de bataille.

Le corps des officiers était formé dans l'école militaire de Chapultepec et était fortement influencé par l'art militaire français. Influence qui se retrouvait dans les uniformes de l'armée régulière les habits veste, les shakos étaient en partie d'inspiration française, mais aussi américaine.

Singulièrement dépassée par les techniques et tactiques de combat utilisées (parfois pour la première fois) par les américains, l'armée mexicaine minée par les problèmes internes fit face courageusement à l'invasion et continua le combat jusqu’à l’extrême limite de ses forces. Son esprit de sacrifice trouve sa plus éclatante représentation quand les cadets de l'école militaire à Mexico refusant de se rendre furent tuer jusqu'au dernier, l'un d'entre eux, Juan Escutia, choisissant le suicide en s'enroulant dans le drapeau national et en se jetant du haut des remparts de chapultepec.

Plus de 24000 soldats et officiers mexicains moururent dans les combats ou de maladies cela représente une part énorme des forces engagées et démontre bien l'implication de cette armée victime de la "destinée manifeste" et des appétits territoriaux de Monsieur Polk.