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Les volontaires du Mississippi dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Les volontaires du Mississippi dans la guerre du Mexique

Les volontaires du Mississippi ou "Mississippi rifle", les célèbres habits rouges de l'armée Taylor s'immortalisèrent à la bataille de Buena Vista où, menés par leur chef Jefferson Davis, futur président de la confédération sudiste, ils repoussèrent les Mexicains à un moment critique de la bataille.

Parmi les immigrants américains qui partirent peupler les états mexicains de Californie et du Nouveau-Mexique, se trouvaient de nombreux habitants du sud et en particulier du Mississippi ; il n'est pas étonnant que les représentants de ces états aient largement soutenu le programme expansionniste de Polk pour la présidence de 1844, pas plus qu'il n'était étonnant de voir de nombreux volontaires du Sud partir pour l'armée du Mexique. Le Mississippi dut fournir un régiment de volontaires d'environ 1000 hommes, mais la ferveur populaire dans les états du sud était telle que ce sont presque 17000 hommes qui se présentèrent pour se faire recruter à Vicksburg. Le régiment fut à 10 compagnies, de la compagnie A à K. Les volontaires élurent Jefferson Davis, du conté de Warren, pour être leur colonel. La milice et les volontaires choisissaient par le vote leurs officiers : celà permettait de renforcer l'esprit de corps à défaut d'avoir le meilleur tacticien à la tête du régiment. Davis était membre du Congrès pour le Mississippi et deviendrait plus tard le président de la confédération sudiste lors de la guerre civile. Mais Davis était avant tout un ancien élève de West Point et avait à ce titre servi comme officier dans l'armée américaine.

Dès qu'il prit le commandement de son unité à la Nouvelle-Orléans, il en fit une des meilleures de l'armée par un entraînement quotidien. En outre Davis insista pour que ses hommes soient équipés du nouveau fusil à canon rayé M1841 qui porterait bientôt le nom de Mississippi rifle tant les volontaires furent habiles et efficaces avec cette arme.

Les volontaires rejoignirent l'armée de Taylor à Camarguo, une petite ville située sur le Rio Grande et qui servait de base arrière pour l'armée du général Taylor. Les terribles conditions sanitaires sur place firent que beaucoup d'hommes tombèrent malades et un grand nombre mourut et fut jugé inapte au combat. Néanmoins Taylor et son armée poursuivirent leur avancée vers Monterrey et s'emparèrent de la ville. Les volontaires du Mississippi participèrent activement au combat. Mais les négociations qui s'engagèrent ensuite, discréditèrent Taylor, et son armée fut séparée en deux au profit du général Winfield Scott. Bien que les volontaires du Mississippi furent choisis pour renforcer l'armée de Scott, Taylor insista pour les garder près de lui. Il ne voulait pas perdre certaines de ses meilleures unités surtout en plein territoire ennemi et en sachant qu'il n'avait nullement l'intention de s’arrêter là.

Puis ce fut la bataille de Buena Vista : la ligne américaine submergée était sur le point de flancher, Taylor partit en arrière sécuriser sa voie de communication revint sur la ligne de front avec auprès de lui les habits rouges du Mississippi. Taylor leur ordonna de renforcer la ligne, Davis aurait crié à ses hommes " tenez ferme mes garçons, tenez ferme pour la gloire du vieux Mississippi". Adoptant une formation en V, les volontaires du Mississippi stabilisèrent la ligne américaine vacillante et repoussèrent avec pertes, les troupes mexicaines.

Avec la victoire de Buena Vista s’arrêta la carrière opérationnelle des volontaires du Mississippi. Un mois après la bataille, Mexico capitulait. Les volontaires de Davis firent excellente impression sur Taylor qui avait vu juste en les gardant près de lui. Leur intervention à Buena Vista fut déterminante pour la victoire américaine. Durant toute la guerre, les volontaires du Mississippi déplorèrent 59 morts au combat et 123 autres de maladie ou d'accidents, le taux de perte le plus élevé de toutes les unités de volontaires.

L'uniforme:

En tant que volontaires, les hommes du Mississippi ne furent pas astreints à porter un uniforme réglementaire. Ils choisirent une tunique rouge, un pantalon large blanc. Les hommes portaient un chapeau à bord large pour se protéger du soleil mordant du désert. Leur accoutrement comprenait un baudrier noir, une ceinture de cuir noir à laquelle était accrochée la sacoche à capsule de fulminate pour le fusil M1841. Ils ne possédaient pas de baïonnette mais pour le corps à corps ils avaient le terrible couteau Bowie. Ce couteau de combat, popularisé par le colonel Jim Bowie qui fut tué au siège de Fort Alamo, était très en vogue dans les états du Sud et donnait au soldat une courte mais solide arme de corps à corps, une arme au large tranchant avec une garde épaisse. En tant qu'ancien officier de l'US Army, Davis revêtait un uniforme bleu foncé réglementaire avec casquette M1839, tunique bleu foncé et épée.

deux représentations de la bataille de Buena Vista et de la défense des volontaires du Mississippi. La première, plus récente, représente bien la tenue rouge à chapeau large portée par les volontaires. La deuxième montre les hommes avec la casquette M1839 en lieu et place du chapeau large, par contre les couteaux Bowie et les carabine M1841 sont clairement visibles
deux représentations de la bataille de Buena Vista et de la défense des volontaires du Mississippi. La première, plus récente, représente bien la tenue rouge à chapeau large portée par les volontaires. La deuxième montre les hommes avec la casquette M1839 en lieu et place du chapeau large, par contre les couteaux Bowie et les carabine M1841 sont clairement visibles

deux représentations de la bataille de Buena Vista et de la défense des volontaires du Mississippi. La première, plus récente, représente bien la tenue rouge à chapeau large portée par les volontaires. La deuxième montre les hommes avec la casquette M1839 en lieu et place du chapeau large, par contre les couteaux Bowie et les carabine M1841 sont clairement visibles

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L'artillerie de ligne mexicaine

Publié le par Olivier Millet

L'artillerie de ligne mexicaine

L'arme la plus professionnelle de l'armée était, en règle générale, l'artillerie. Elle nécessitait des officiers et des hommes parfaitement formés pour délivrer des feux précis, ajuster correctement une mèche d'obus explosif, estimer une distance...

Pour l'artillerie mexicaine, la plupart des officiers artilleurs provenaient de divers horizons. Les plus anciens étaient des vétérans des guerres européennes et n'étaient pas natifs du Mexique, les plus jeunes sortaient de l’académie militaire de Mexico à Chapultepec.

Comme l'infanterie, l'artillerie mexicaine possédait un armement ancien et d'origine diverse. La plupart des canons étaient basés sur le système français Gribeauval avec ses doubles flasques typiques mais dont le poids important limitait la mobilité. Son opposante américaine bénéficiait du système à remorque mis au point par les Britanniques et qui augmentait sensiblement les capacités de déplacement des pièces tout en facilitant leur déploiement. Un autre handicap de l'artillerie mexicaine était la qualité de la poudre noire produite localement. Cette dernière était inférieure à celle employée par les Américains et à quantité égale, les capacités des armes mexicaines étaient amoindries par sa mauvaise combustion. La conséquence était que les projectiles envoyés par les canons mexicains tombaient plus court que ceux de leurs adversaires. Augmenter la quantité de poudre offrait l'avantage de rattraper ce retard mais risquait de détruire la pièce. Les soldats d'infanterie qui avaient le même problème augmentaient la charge et tiraient trop haut du fait du recul important.

L'artillerie mexicaine ne bénéficiant pas d'une arme du train, il fallait faire appel à des contractuels civils pour déplacer les pièces et surtout fournir la logistique du parc d'artillerie avec les problèmes que cela sous-entendait.

Les calibres utilisés variaient du 3, 4, 6, 8 ou 12 livres et des obusiers de 7 pouces. Les projectiles utilisés étaient les mêmes que ceux des Américains :

- le boulet plein qui rebondissait sur le terrain et tuait ou mutilait les hommes qu'il frappait.

- le boulet explosif qui était un boulet creux contenant de la poudre et des balles et dont la mèche était allumée au moment du tir. Tout le talent de l'artilleur résidait dans la bonne estimation de la longueur de mèche afin que le boulet explose au-dessus et en avant de sa cible afin de l'arroser avec une pluie de balles.

- le "grapeshot" ou grappe de raisin était un projectile en toile contenant plusieurs étages de petits boulets appelés biscaïens lui donnant un aspect de grappe de raisin. La puissance de ce projectile était suffisante pour tuer plusieurs hommes sur une étendue plus large qu'un boulet classique. Cette arme était plus souvent utilisée en mer que pour le combat au sol.

On confond souvent ce projectile avec la boîte à mitraille qui était un cylindre métallique contenant des balles et dont le fonctionnement s'apparentait à une décharge de chevrotine. A la sortie du canon le cylindre explosait libérant une pluie de balles en gerbe conique. Ce projectile était celui qui tirait le moins loin mais son effet sur l'infanterie à courte portée était terriblement destructeur.

L'artillerie de l'armée régulière mexicaine au déclenchement du conflit comprenait 4 brigades dont une montée à cheval et 5 compagnies de garnison. Un bataillon de sapeurs était rattaché à l'artillerie.

L'artillerie mobile, à cheval, n'était pas aussi mobile que son homologue américaine ce qui était en grande partie dû au fait que le matériel d'artillerie mexicain était d'une conception plus lourde et que le système d'avant-train était du type à pivot central qui le désavantageait face à une artillerie dont les avant-trains sont équipés de crochets pour la remorque.

Présente durant tous les combats importants, l'artillerie mexicaine souffrait certes d'un manque de mobilité mais se comporta honorablement et malgré ses faiblesses intrinsèques, elle sut se faire respecter de ses adversaires qui eurent à subir son feu.

L'uniforme :

l'artilleur mexicain était habillé avec une tunique et un pantalon bleu foncé. Le col rouge était pourvu d'une grenade brodée avec le numéro de la brigade ou de la compagnie. Les manches, les passepoils et les retroussis étaient rouge cramoisi. Les revers de poitrine étaient noirs avec des boutons jaunes pourvus de lacets jaunes. Les contre-épaulettes et épaulettes étaient jaunes (or pour les officiers) et dépourvues de franges.

Les hommes portaient le shako tronconique avec une plaque particulière à l'artillerie (voir planche). Les officiers portaient une tunique bleue sans revers de poitrine ou le manteau bleu foncé. Le shako des officiers était soit du même type que les hommes soit un képi d'origine française introduit en 1845. Les artilleurs à cheval portaient la même tenue avec quelques différences : ils avaient 3 demi-chevrons jaunes sur les avant-bras, le pantalon était du type de celui de la cavalerie.

un canon mexicain sur le site de la bataille de Palo alto, sa couleur et sa forme rapellent fortement les canons américains de la guerre de 1812. Le Mexique, ne possèdant pas d'arsenals pour fabriquer de telles pièces, utilisa des canons européens de provenances diverses mais souvent anciens

un canon mexicain sur le site de la bataille de Palo alto, sa couleur et sa forme rapellent fortement les canons américains de la guerre de 1812. Le Mexique, ne possèdant pas d'arsenals pour fabriquer de telles pièces, utilisa des canons européens de provenances diverses mais souvent anciens

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Site intéressant sur les champs de bataille au Mexique

Publié le par Olivier Millet

Vous découvrirez sur ce site des tas d'explications détaillées sur la topographie de certains champs de bataille mexicains durant plusieurs guerres, et notamment celui de Cerro Gordo. Un travail de géographe qui permet par l'utilisation de photos prises sur place et de superposition de cartes d'époque sur des vues aériennes de replacer précisément la bataille dans son contexte géographique. Un grand bravo pour son auteur qui a réalisé un travail précis et intéressant.

Le site est en espagnol

http://campodemilbatallas.blogspot.mx/

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Les Marines dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Les Marines dans la guerre du Mexique

Lors de la déclaration du guerre au Mexique par les États-Unis en mai 1846, le Congrès autorisa la montée en puissance des forces armées et des volontaires. L'US Army passa de 7000 à 15000 hommes, 50000 volontaires furent appelés aux armes et les effectifs de la marine purent passer de 7500 à 10 000 hommes.


Le corps des Marines faisait partie intégrante du commandement naval, cette unité avait combattu depuis sa création dans la guerre d'indépendance, la guerre de 1812, les guerres Séminoles. Cette entité relativement petite passa complètement sous la juridiction de la marine par la loi de 1834. Cette loi stipulait également que le président avait toute autorité pour transférer cette juridiction à l'armée de terre si le besoin s'en faisait ressentir.
A la déclaration de la guerre, les US Marines comprenaient 63 officiers et 1200 hommes répartis sur les navires de l'US Navy ou dans les ports militaires où ils assuraient la surveillance et la protection des infrastructures.
La principale mission des unités de Marines durant la guerre fut le service en tant qu'infanterie embarquée. Cette mission comprenait le combat en mer, la protection du bâtiment et la réalisation des débarquements côtiers. Cette dernière mission fut accomplie particulièrement souvent sur le littoral mexicain afin de s'assurer le contrôle de points importants.

Le Mexique, les Marines en avaient déjà eu un aperçu quand la situation politique tendue entre les États-Unis et le Mexique avait conduit à une opération militaire particulièrement malvenue et réalisée sans consentement aucun du gouvernement américain en 1842.
La flottille du commodore Jones jeta l'ancre devant la capitale de Californie Monterey afin de la capturer. Un détachement de Marines et de marins réalisa l'opération rapidement et sans accrocs. Mais Jones avait agi de son propre chef, persuadé que la situation entre le Mexique et les États-Unis justifiait son acte. Son action reposait sur des rumeurs disant qu'un accord serait sur le point d'intervenir entre le Mexique et le Royaume-Uni visant à céder la Californie aux Anglais ce qui bien sûr était inacceptable pour les Américains qui lorgnaient déjà avidement sur cette région. La mission fut un succès tactique et un fiasco diplomatique embarrassant. Au moins les Marines se frottèrent une première fois à ce terrain acquérant ainsi de l'expérience qui leur serait utile dans les années suivantes.


La Californie, en 1846, allait encore une fois devenir le lieu d'actions militaires de la part des Marines. Avec la proclamation de la république de Californie par des colons américains révoltés et la guerre officialisée le 13 mai 1846, le sort de cette province mexicaine était désormais scellé. Le commodore Sloat, commandant la flotte du Pacifique à l'ancre devant Mazatlan, au Mexique, apprit que la guerre avait été déclarée et que les Américains et les Mexicains s'étaient affrontés déjà deux fois à Palo Alto et Resaca de la Palma. Il leva l'ancre le 8 juin 1846 avec pour instruction de capturer tous les ports et villes importantes de Californie dès l'état de guerre connu. Dès lors il allait utiliser ses détachements embarqués de Marines pour s'emparer de Monterey le 7 juillet 1846 avec 85 marines et 120 marins. Après avoir capturé la ville, les marines effectuèrent quelques missions de contrôle sur place. Puis ce fut le tour de Yerba Buena d'être capturée sans résistance. La petite localité fut laissée avec une garnison de 14 marines pour la surveiller. Le même jour un détachement de Marines rejoignit les colons révoltés de Somona et hissèrent ensemble la bannière étoilée en lieu et place du drapeau à l'ours de la république de Californie.
Le 29 juillet, San Diego fut capturé, ainsi qu'un brick mexicain à l'ancre, par des Marines et des marins et encore une fois un détachement d'une cinquantaine de Marines fut laissé en garnison. Santa Barbara puis San Pedro tombèrent mais les marines ne laissèrent pas de garnison. Le 13 août, ce fut la ville de Los Angeles qui tomba devant une force combinée de volontaires et de Marines. Avec cette dernière ville la plupart des cités importantes de la côte étaient tombées et dès qu'elles furent remplacées par des volontaires, les garnisons de marines rejoignirent leurs navires respectifs. Sauf à Los Angeles où les excès de la garnison déclenchèrent une révolte locale et la petite garnison de Marines fut forcée de négocier son départ de la ville. Les Américains tentèrent une première fois de reprendre la ville par la force avec 300 hommes mais durent se replier devant des rebelles insaisissables. Les garnisons de San Pedro et San Diego connaissaient également des difficultés mais tenaient ferme malgré le harcèlement des rebelles et les vivres qui diminuaient.

A San Diego, les marines et des marins durent prêter assistance aux forces de Kearny qui arrivaient de l'ouest et qui étaient harcelées par des lanciers irréguliers. Les Américains réussirent à forcer le passage et à se regrouper à San Diego. Les forces américaines étaient désormais suffisamment puissantes pour tenter une nouvelle fois de reprendre Los Angeles.

Forces rebelles et américaines se rencontrèrent à San Gabriel, le 8 janvier, et les Marines eurent le dessus grâce à une impétueuse charge à la baïonnette. La dernière rencontre de la campagne Californienne eut lieu à La Mesa où les Américains stoppèrent les fougueuses charges des lanciers californiens puis s'emparèrent de Los Angeles le 10 janvier 1847. Finalement la Californie capitula 6 mois après le débarquement de Monterey.

La côte ouest du Mexique fut le secteur d'opération suivant pour les Marines. Ils capturèrent San José puis La Paz in Baja, San Lucas, Mulege in Baja, La Paz. A Guaymas, la garnison de 600 hommes refusa de se rendre mais après un bombardement naval, ils s’enfuirent laissant la ville aux Américains. Avec l'arrivée de nouvelles unités de l'US Navy, certaines provenant du Japon, les opérations dans la baie de Californie s'intensifièrent ; les marines multiplièrent les débarquements en rencontrant peu ou pas de résistance jusqu’à ce que la nouvelle du traité de paix de Guadalupe-Hidalgo mette un terme aux opérations dans le secteur. Le traité ne mit pas fin aux combats qui perdurèrent presque un an après sa signature.

Les Marines toujours en petit nombre se firent particulièrement remarquer comme troupe d'élite aux capacités amphibies reconnues et en tant que soldats hors pair dans les engagements. Mais ces opérations restèrent dans l'ombre de la campagne menée contre Mexico sur la côte Est du pays par l'armée du général W.Scott.


Le commodore Coner commandait la flottille en charge des opérations sur la côte Est du Mexique. Les marines à son bord furent organisés en bataillon pour agir de concert avec les éléments de l'US Army. Ces éléments capturèrent la petite localité de Burita le 18 mai 1846 et hissèrent les premiers le drapeau américain sur le territoire mexicain. Le nombre de marines opérant dans le golfe du Mexique ne dépassait pas 200 hommes, pourtant ils furent également utilisés pour multiplier les débarquements de la même manière que sur la côte Ouest. Le 25 octobre ils capturèrent Tabasco, le 14 novembre, Tampico et Panuco.
En mars 1847, le Congrès autorisa une augmentation du corps des Marines de 1000 soldats et 12 officiers supplémentaires.


L'opération sur Mexico passait par un débarquement d'importance sur Vera Cruz qui fut effectué le 9 mars 1847 puis s’ensuivit un siège qui s'acheva le 25 mars. Le général Winfield Scott, commandant en chef de l'expédition, par la loi de 1834 prit sous son commandement direct 6 compagnies de marines. Les compagnies A,B,C furent organisées dans le premier bataillon de Marines du Major Twiggs, les compagnies D,E,F dans le second bataillon du Major Dulany. Les deux bataillons sous les ordres du colonel Watson. Des compagnies de réguliers ou de volontaires furent attachées aux bataillons pour les étoffer et leur donner la force d'un régiment. Les 600 marines prévus pour les bataillons ne furent que 300 et un seul bataillon regroupant les 6 compagnies fut organisé.
Durant l'avancée des troupes de Scott vers Mexico, les Marines furent assignés à la protection de l'arrière-garde contre l’incessante guérilla. Gardés en réserve, les marines ne participèrent pratiquement pas aux combats de Contreras et Churubusco mais, arrivés devant la forteresse de Chapultepec, ils allaient enfin passer à l'action. Défendue par 800 hommes, dont 200 cadets, la forteresse fut attaquée par les Américains. Les marines faisaient parti des éléments de choc mais passèrent la majeure partie de la bataille au pied des murs à retourner le feu ennemi et laissèrent les troupes régulières s'emparer du château. D'autres détachements combattirent les Mexicains et s'approchèrent très près de Mexico City, le major Twiggs fut tué au pied des murs. Les marines combattirent bravement autour de la forteresse et tinrent leur position, mais certains entrèrent dans les faubourgs de Mexico, devenant les premiers soldats américains à le faire, avant de recevoir l'ordre de se replier. La bataille gagnée, les marines et la division à laquelle ils appartenaient eurent droit de défiler les premiers dans la capitale mexicaine qui s'était rendue. Le matin du 14 septembre les marines entrèrent à Mexico City et occupèrent le palais du gouvernement appelé aussi les Halles de Montezuma. Avec la chute de Mexico et une opinion publique défavorable, les Américains hâtèrent la fin de la guerre et le président Américain Polk accepta les termes du traité de Guadalupe-Hidalgo. 30 Marines du bataillon de Mexico avaient perdu la vie durant cette courte campagne.

Bien que le deuxième bataillon de Marines fut enfin activé, la fin de la guerre signifiait une baisse des effectifs et un retour à leur mission première : l'infanterie embarquée et la garde aux ports.
Bien que des actions en justice aient entaché la réputation de certains officiers du corps des Marines pour leur conduite à Chapultepec, les Marines se comportèrent efficacement et bravement durant la campagne, 27 officiers furent brevetés pour action d'éclat soit plus que durant la guerre civile. Même si leur nombre étaient relativement faible, leurs actions, notamment sur les côtes, eurent de grands effets et facilitèrent la chute de la Californie.

L'uniforme :

La tenue des Marines était la tunique bleue à col rouge et lacets jaunes. Le pantalon bleu clair était équipé d'une bande bleu foncé. Les baudriers blancs soutenaient la giberne M1839 et la baïonnette. Le shako était le modèle Bell Crown à sommet largement évasé vers l'extérieur. Les manches étaient bleues mais équipées de lacets jaunes surlignés de rouge avec un parement en pointe.

Bien entendu, cette tenue n'était pas très adaptée au difficile climat du Mexique et le corps des Marines adopta une tenue de campagne copiée sur le modèle de l'infanterie de l'US army. La principale différence entre les deux uniformes était l'absence totale de lacets. La tunique courte et le pantalon étaient bleu clair, les boutons étaient en métal jaune, la casquette M1839 était bleue avec une plaque "USM" en métal jaune. Les officiers avaient un insigne brodé sur la casquette représentant une couronne de lauriers entourant un globe et une ancre de marine (symbole du US Marines Corps). Les baudriers blancs soutenaient toujours la giberne et la baïonnette. Un ceinturon blanc complétait l'ensemble

Bien qu'initialement, les Marines devaient être armés du mousquet M1842 à percussion, ils durent se contenter, faute de mieux, du M1816 à platine à silex et sans bandoulière. A l'exception du corps qui accompagna Scott à Mexico qui eut des mousquets normalement équipés mais toujours à platine.

Les sous-officiers se distinguaient des hommes par le port d'une bande bleu foncé surlignée de rouge sur le côté du pantalon et de deux demi-chevrons jaunes sur les avant-bras, une écharpe rouge autour de la taille et une épée droite. Les caporaux avaient un demi-chevron jaune sur les avant-bras.

Les officiers avaient la tunique et le pantalon bleu foncé à simple ou double rangée de boutons, une bande rouge sur le pantalon et une écharpe rouge autour de la taille ainsi qu'une épée. La plaque de baudrier était en cuivre jaune et ovale la plaque de ceinturon était rectangulaire et en cuivre jaune également.

Un très grand merci à Daniel Geisenhof ( Lt-Col USMC ) pour son aide très précieuse, thank you Daniel for your invaluable help in writing this article.

à droite l'entrée des Marines à Mexico, ils furent les premiers à le faire, un honneur dû à leur comportement exemplaire à Chapultepec ( à noter la tenue qui n'est pas l'uniforme de campagne mais la tenue traditionnelle bleue et rouge avec shako bell crown ). A droite un caporal des Marines en tenue de campagne d'après un tableau de Don Troianià droite l'entrée des Marines à Mexico, ils furent les premiers à le faire, un honneur dû à leur comportement exemplaire à Chapultepec ( à noter la tenue qui n'est pas l'uniforme de campagne mais la tenue traditionnelle bleue et rouge avec shako bell crown ). A droite un caporal des Marines en tenue de campagne d'après un tableau de Don Troiani

à droite l'entrée des Marines à Mexico, ils furent les premiers à le faire, un honneur dû à leur comportement exemplaire à Chapultepec ( à noter la tenue qui n'est pas l'uniforme de campagne mais la tenue traditionnelle bleue et rouge avec shako bell crown ). A droite un caporal des Marines en tenue de campagne d'après un tableau de Don Troiani

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Le 1st regiment of US Dragoons dans la guerre du Mexique

Publié le par Olivier Millet

Le 1st regiment of US Dragoons dans la guerre du Mexique

Le 1er régiment de dragons américain fut organisé sur décision du Congrès le 2 mars 1833. En tant que premier régiment de l'arme il fut dénommé "Regiment of US DRAGOONS".

Avec la création de ce régiment, l'US Army retrouvait une unité de cavalerie régulière. Depuis la dissolution des dragons légers après la guerre de 1812, La cavalerie régulière des États-Unis n'existait plus entre 1815 et 1833.

Le 1st Dragoons comportait 8 troops ou escadrons qui comme dans l'infanterie ne comportaient pas de numéro mais des lettres A B C D E F G et H. En mars 1833 à Jefferson Barracks dans le Missouri fut organisé le quartier général du régiment, les escadrons furent organisés dans l'ordre à Nashville, Sacket Harbor, Louisville, Cincinnati, New-York et Jeffersson Barracks. Le dernier escadron fut organisé en mars 1834 soit un an après la création du régiment.

En 1836 un second régiment de dragons fut autorisé et le régiment de US dragoons prit le rang de 1st US Dragoons. Ces unités de cavalerie coûtaient horriblement cher à équiper et entretenir et ce fut la raison pour laquelle le gouvernement américain avait décidé de se passer de leurs services pendant près de 18 ans. Mais les unités montées rendaient aussi d'inestimables services dans un pays en plein essor géographique et démographique. Le contrôle des frontières immenses du pays ne pouvait être confié aux seules unités d'infanterie et de miliciens locaux.

Ce fut donc pour des missions de pacification et de contrôle que le régiment de dragons fut employé à ses débuts. Utilisé dans la région du Missouri, le régiment fut envoyé vers la Floride pour participer à la seconde guerre Seminole.

Lorsque la guerre du Mexique éclata, 4 escadrons ( B, C, G, I ) furent attachés à l'armée de l'Ouest du général Kearny. Deux autres furent attachés à l'armée de Taylor, participant à la bataille de Buena vista, les deux derniers rejoignirent l'armée de Scott dans la campagne de Mexico.

Les escadrons de Kearny participèrent à la prise de Santa Fe, puis une partie d'entre eux se dirigea sur la Californie et combattit à la bataille de San Pascual contre les lanciers irréguliers mexicains et durant laquelle le régiment perdit 17 hommes tués. En Californie les dragons combattirent démontés avec d'autres troupes pour prendre Los Angeles et pacifier le reste de la Californie.

Au Nouveau-Mexique la révolte de Tao éclata, des officiels américains nouvellement mis en place dans la ville de Santa Fe furent massacrés. Deux escadrons du 1st dragoons furent envoyés avec d'autres troupes et écrasèrent la rébellion des indiens Pueblos et des mexicains. L'escadron B fut réorganisé aux États-Unis et renvoyé vers le général Taylor mais tomba dans une embuscade tendue par les indiens Commanches, perdant 11 hommes ; une fois arrivée au Mexique l’unité fut convertie en artilleurs à pied

Les escadrons D, K et F escortèrent les troupes de Scott de Vera Cruz à Mexico et participèrent aux batailles autour de la ville particulièrement à Churubusco. L'escadron F participa quant à lui aux combats de Cero Gordo, Contreras, Molino Del Rey et Chapultepec.

Le régiment a été divisé sur tout le front Mexicain et a participé à beaucoup de combats, le plus souvent démonté. Le combat de San Pascual ayant d’ailleurs démontré les limites des dragons face à des lanciers entraînés ; il est vrai qu'ils étaient montés sur des mules et ne pouvaient se servir que de leur sabre au corps à corps. Les capacités mobiles du régiment ont surtout été utilisées pour sécuriser la ligne d'approvisionnement de Scott et se déplacer rapidement d'un point chaud à un autre. D'une manière générale, les Mexicains, excellents cavaliers, méprisaient les unités montées américaines. La plupart des rencontres entre les deux cavaleries prouvèrent que les cavaliers mexicains, moins bien montés, étaient supérieurs à leurs homologues américains. Mais, une fois mis pied à terre les dragons américains reprenaient l'avantage et devenaient de redoutables combattants. Les Mexicains, en revanche, qui cultivaient le culte de l'élite montée faisaient de piètres combattants une fois leurs cavaliers au sol. Un choc des cultures en quelques sorte où le cavalier représentait le sommet de l'art militaire, une élite pour le Mexique et un moyen efficace de contrôle de zone plus qu'une arme à part entière, quoique la charge de Resaca de la Palma fut exemplaire, pour les Américains.

Après la guerre le régiment reprit son service de contrôle aux frontières avant d’être jeté dans la fournaise de la guerre civile en 1861 en tant que 1st US Cavalry regiment.

L'uniforme:

La tenue de campagne des dragons comportait la tunique courte bleu foncé passepoilée de jaune au niveau du col, de l'attache de poitrine, des poches, des pattes d'épaules et des manches. Le pantalon bleu clair était équipé d'une bande jaune unique pour les cavaliers et double pour les sous-officiers. Les baudriers blancs supportaient la giberne et le mousqueton 1847 ou la carabine Hall 1843 à percussion. La casquette devait comporter une bande jaune mais, seul le second régiment portait cette bande jaune pour se différencier du premier régiment. Le sabre était le modèle M1840 copié sur un sabre de cavalerie légère français de 1822. Ayant une arme à percussion, les hommes portaient sur leur ceinture une petite pochette en cuir noir contenant les cartouche à Fulminate. Les sous-officiers portaient les chevrons jaunes et la ceinture de laine rouge, les officiers portaient la tunique bleu foncé sans ornements jaunes avec des grades d'épaule et l’écharpe rouge autour de la taille. Le guidon montré sur la planche représente le guidon de la première compagnie ou escadron, le régiment emportait également deux étendards plus petits mais de même type type que l'infanterie.

A la fin de la guerre il est possible que le régiment ait adopté des pistolets de type Walker ou M1832/1835 afin d'améliorer la puissance de feu à courte portée particulièrement utile contre les cavaliers irréguliers mexicains.

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